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Ainsi Va la Vie… épisode n°242… Peur du ridicule ?... Ecris !

 


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J’ai revisité une ancienne chronique qui s’intitulait
« 
Ecris ! » en la complétant de : « La peur du ridicule » qui trop souvent freine, nos plus beaux élans.

 

Crainte, Pudeur, timidité… et cette peur viscérale du ridicule nous envahit. Dans bien des circonstances, alors que rien ne s’y prêtait, on la sent s’infiltrer en nous à nous rougir le visage avant de le parsemer ne picotements. Et là, bloqué par ce phénomène, on n’ose plus. On n’ose plus aller au bout de nos pensées, au bout de nos envies de parler ou d’agir. Pourtant quelques secondes auparavant on se sentait investi d’une âme de conquérant prêt à tout, ou presque. Et puis, marche arrière. À croire qu’on réfléchit trop ! Et trop réfléchir nous coupe les ailes.

 

Souvent cette peur ne tient à rien ou à pas grand-chose. Dire qu’on manque de confiance en soi pourrait être une réponse. Réponse facile mais mieux vaut un début de réponse que rien du tout. Et quelque fois, bizarrement, c’est exactement le contraire. On se tait parce qu’on sait. On sait et on se mord la langue. On a l’expérience et le vécu et on n’a simplement pas envie de passer pour de vieux rabat-joie pour ne pas dire de vieux cons.  Alors on écoute, on sourit forcé, on laisse même sous-entendre qu’on n’a pas la solution alors que…pour ne pas passer encore et toujours pour celui qui sait. Ce cas est fréquent, surtout  avec les enfants devenus grands. Mais les enfants à nos yeux seront toujours tout petits même s’ils nous dépassent d’une tête.

 

Ha ! Cette expérience que nous confère l’âge. C’est bien la seule chose qu’on ne devrait pas regretter et pourtant elle est quelque fois inconfortable. Peut-être parce qu’elle n’est pas proportionnelle à la profondeur de nos rides. Et nos rides recèlent de fabuleux trésors qu’on se sent trop souvent obligé de partager avec ceux  qu’on aime.

147419249_488608428975773_3868607584229768863_n.jpgMais revenons sur cette peur du ridicule. Elle peut aussi nous faire passer à côté de merveilles. Et à cause d’elle,  et de cette  retenue qu’elle engendre ou impose, on ne saura jamais ce qu’il serait advenu si nous avions osé. Osé lui dire, osé lui avouer, osé pousser le bouchon un peu plus loin… Mais l’aveu par peur du mur de l’incompréhension ou pire encore par crainte de la non réciprocité nous a rendu muet. Et le silence a remplacé le vide sans le combler. Ce qui est presque pire.

 

Il y a quelques jours En vous parlant d’une chanson sur le thème l’adieu  je vous disais que mes adieux ne furent jamais que des « aurevoirs »… convaincu que les départs d’un jour seront  les retours d’un lendemain.   Et pire encore pour des amours qui ne furent qu’espoirs à peine chuchotés par crainte de les abimer. Mais il y a aussi toutes les fois où ils ne furent même pas murmurés. Les yeux parlent souvent mieux que la bouche mais ces regards sont-ils suffisants ? La peur du ridicule ? Non, là on avait dépassé ce stade.

 

Je pourrais vous parler des doutes, des craintes et des angoisses  qui nous entrainent jusqu’à cette peur du ridicule encore longtemps. Vous évoquer milles exemples en couchant sur une mer de feuilles blanches les vagues bleues de mes ressentis. Mais n’ai-je pas tout à coup peur du ridicule en m’étalant ainsi ? On aimerait tellement que l’autre devine et franchisse lui-même la peur du ridicule.  

Mais je pense que la solution, du moins en partie, existe. Et celle que je vous préconise et qui fonctionne croyez moi ; c’est d’ECRIRE !

 

Ecris ! ….

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Ecris comme tu parles. Même avec tes fautes d’orthographes, tes fautes si tu savais comme on s’en fout.  Ose coucher sur le papier ce que ta bouche ne sait pas, ne sait plus, n’a jamais pu dire par respect, par pudeur, par crainte ou par timidité. Ecris !

 

Laisse sortir, sans y mettre les formes, ces sentiments qui t’oppressent. Ecris ! Ne laisse plus le temps te ronger ; libère-toi. Libère-toi de ces souffrances ou de ces aveux d’amour que tu n’as jamais, trop mal, ou trop peu prononcés. Ecris !

 

Ecris et décris tes cheveux décoiffés flottant dans le vent. Décoiffés par la caresse douce et virile de cette main invisible dont tu rêves. Cette main qui glisse sur ta joue et le velours de ta peau avant qu’enfin  ce pouce sous les cils de ta paupière basse  essuie une larme dont toi seule sait que ce n’est ni le froid ni le vent qui l’a fait monter dans tes yeux et  rouler ainsi.

Cette main et ses doigts magiques, laisse-les glisser dans la tendresse d’une émotion qui traverse le souvenir d’un visage. Ce visage qui passe en surimpression entre le ciel et les nuages à la fois très clair et très flou.

 

DSC04455.JPGParle à cette feuille de papier qui absorbe autant l’encre de tes douleurs que celles de tes joies. Ces joies et ces bonheurs qui font moins surface que les affres des plaies et des blessures. On parle moins des éclats de rire que des coups qu’on n’a jamais rendus. Des coups bêtes et méchants dont on se demande encore pourquoi nous en fumes la cible.

 

Des coups légers et insidieux qui à force de répétition nous ont marqués au fer rouge. Ces coups qui nous brulent encore la peau, le cœur, le corps et l’esprit. Les coups en traitre ou par maladresse. Ces coups qui peu à peu nous ont appris à encaisser les coups. Encaisser sans même lâcher une grimace. Des coups qu’on n’osera jamais donné tant on sait combien ils font mal.

 

La vie nous a blindés et rendus philosophe. Elle nous a aussi malheureusement  appris  à ne plus lire qu’entre les lignes de notre propre vécu sans s’étendre, sans se répandre, pour finir par ne presque plus rien dire. Alors pour rompre ce silence ; écris !

 

Car si toutes les histoires se ressemblent, si toutes les larmes sont salées, certaines sont plus amères que d’autres. Toutes les histoires se ressemblent parfois au point de se confondre. Et pourtant à force de ne jamais se plaindre ou si peu,

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notre entourage  a fini par croire que tout baignait dans l’huile. L’image que nous montrons est si forte qu’ils ont fini par nous penser invulnérable.

 

Invulnérable ! Mais au fond, ne le sommes-nous pas devenus ? Même si le voile des apparences cache l’ombre de cette solitude dont seul les mots pourraient nous sortir. Les mots… ces mots ; faute de parvenir à les prononcer ; écris-les !

 

Ecris même pour celui qui un jour n’aura pas besoin de consulter tes notes ou ton journal pour te comprendre… Celui qui sans un mot saura lire dans tes yeux, dans ton regard, dans tes sourires, dans ta façon de te mordiller la lèvre, de rester impatiente, debout sur un seul pied. Qui saura lire;  au fil de ta voix, d’une caresse, d’un minuscule cadeau. Qui saura lire dans tes gestes ; ton passé ton présent et ton avenir dont il est, sans le savoir ou conscient silencieux, peut-être déjà le nouveau soleil.

Mais en attendant ; écris !

 

Ainsi Va la Vie…

 

Williams Franceschi

Photos : Sophie Vernet

 

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10/04/2021
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