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Ainsi Va la Vie… épisode n°148... « ET SI L'AMOUR CHANGEAIT TOUT ? »

48255946_313070695968961_2286711889142480896_n.jpgTout semblait aller dans le meilleur des mondes pour Sam, Claire  et les enfants. Une vie bien rangée sans heurt, sans bruit, sans extravagance, non sans quelques soucis et tracas passagers communs à tout un chacun, mais rare très rare. La plénitude dans sa plus rigoureuse banalité.

 

Après un parcours exemplaire où ses études à elles ne furent pas brillantes mais juste dans cette moyenne moyenne qui donne des résultats moyens mais suffisants pour atteindre des objectifs sans épuisement et sans gloire. Mais qu’importent les lauriers si l’on n’aspire pas à porter de couronne.

 

Lui avait poursuivi presque par routine  un long cursus universitaire, passionnant pour un dilettante, n’ouvrant sur rien qu’un bac plus un chiffre à la limite du nombre qui sans les relations familiales n’auraient abouti sur pas grand-chose à part de s’en glorifier.

Ils vivaient et avaient vécu un parcours exemplaire de sagesse en long fleuve tranquille. Un chemin tracé d’avance en ligne droite vers une retraite heureuse, encore loin, mais pour laquelle, prévoyants  ils avaient longuement  réfléchi et déjà épargné.

Une vie sans surprise,  sans aventure, mais dont beaucoup se contenterait et certains même  rêveraient se répétaient-ils  à s’en convaincre  chacun de leur côté.

 

Une vie qui coulait cool dans un bonheur prévu, calibré, mesuré et réglé autour de métiers envisagés depuis l’enfance pour elle sans jamais en déroger  et un peu moins pour lui mais qui savait se contenter d’un salaire surnuméraire au regard des taches réelles  de  sa fonction.

 

 Lui s’ennuyait à mourir sans l’avouer dans une banque aseptisée  et elle sans convictions certaines comptait les heures devant des élèves de collèges. Elle enseignait avec une foi mitigée à des ados non pas démotivés mais sans engouement et sans motivations  tout aussi conscients qu’elle du flou artistique qui nappait   leur avenir dans ce monde informatico-téléphonique ou la réalité matérielle se voyait rongée par des supports virtuels.

 

Vers où porter un choix quand nombres  de professions en plein devenir dans les décennies précédentes sont vouées à disparaitre. Personne n’ayant plus besoin de rémunérer personne pour réaliser des taches à la portée de n’importe qui devant un écran.

 

 Quel intérêt de se crever les yeux sous de minuscules lampes directionnelles en jouant les rats de bibliothèques, sinon pour le charme, l’odeur des livres, l’atmosphère sanctuarisée des lieux, quand on peut gagner un temps fou en tapant sa question sur Google. Et même si les réponses ne sont pas, et loin s’en faut, justes et complètes bien souvent elles suffisent.

 

Qui aura besoin d’une secrétaire et ne parlons pas de ce métier qui a totalement disparu qu’était la dactylo devenu aussi archaïque que scribe.  Qui l’aurait cru ? Aujourd’hui tout le monde sait taper sur un clavier.

 

Qui aurait pensé que les mails réduiraient nos facteurs historiques porteurs de bonnes ou mauvaises nouvelles à 90 % en distributeurs de tracts publicitaires.

 

Qui aura bientôt besoin d’un comptable quand il suffit de rentrer quelques chiffres clés pour que des logiciels hypersophistiqués moulinent tout ça et vous sortent un bilan en vérifiant très bientôt par recoupement si nos infos ne sont pas erronées. Qui ?

 

Y aura-t-il des chauffeurs dans les bus ? Les trains ? Les taxis… et non ! La terre, bien grasse, marron à souhait, pulpeuse, odorante oxygéné par le travail des vers, le compost ou le fumier,  n’est plus utile. On cultive déjà hors sols   formidablement bien et c’est parait-il l’avenir.  Les paysans disparaitront-ils ? Au profit d’employés en blouses en attendant d’être eux-mêmes remplacés par des robots plus précis et infatigables  dans des bunkers protégés de toutes intempéries.

 

Et Claire, dans sa peau de mère et de  prof  se repassait en boucle ces exemples et des dizaines d’autres tout aussi affligeants qui la désespéraient en songeant à tout ce qui fut et ne sera  plus. Même si le plombier, la femme de ménage, le chirurgien et encore lui il est sur le qui-vive  et nombres d’autres acteurs de la vie courante  resteront irremplaçables c’est la seule chose qui la consolait.

 

En attendant que les banques n’aient définitivement plus de guichets et que les cours du collège à la fac  ne soient distillés que par internet, Sam et son épouse vivaient heureux noyés et loin à la fois de cette révolution en cour au milieu d’une masse de gens circulant dans un monde  révolu à très court terme.

 

Le monde change ou évolue. Et si Jules Vernes étaient un des premiers écrivains avant-gardiste et prédicateur involontaire, nos films de science-fiction ne seront bientôt qu’une représentation désuète d’un présent que l’on appelait futur.

 

Non ce n’est pas triste ; c’est l’évolution. J’ai toujours connu la voiture. Je ne me suis jamais apitoyé sur la disparition des cochers, des fabricants de calèches, ou des maréchaux-ferrants. Mon arrière-grand-mère à peut-être lavé ses draps au lavoir communal du village à genoux à se casser le dos mais  moi j’ai toujours connu la machine à laver. Même si l’image pittoresque des   lavandières  est bien plus jolie et sympathique  sur une carte postale que ce gros bloc à tambour en tôle blanche. Qui le regrette ? Le monde évolue et pas qu’en mal.

 

L’angoisse ne vient que de la peur de l’inconnu. On s’adapte, on s’adaptera et même comme c’est déjà le cas,  on fera parfois machine arrière..  J’ai confiance. Pas une confiance aveugle ; mais j’ai confiance.

 

Aujourd’hui avec les progrès de la science et de la médecine on vit beaucoup plus vieux et avec une apparence physique de jeune. Sauf que le cerveau après un certain cap ne suit plus. Et nous voilà avec une nouvelle génération de magnifiques centenaires prêt à courir le marathon de  Paris ou à concourir pour miss France cinquième âge ; mais qui par phases  ne se souviennent plus de leurs adresse, du nom de leurs proches et meurent lentement dans le silence de l’oubli. Leur oubli. La machine est inusable pas l’esprit.

 

Non je ne naufrage pas dans le pessimisme. Je constate. Simple constat comme le constataient Sam et Claire.

Mais pour Sam et Claire la fin des haricots ne pouvaient être qu’économique, mondiale, sociale ou écologique. La fin des haricots se produirait juste après eux. Eux se sentaient  bien à l’abri derrière la forteresse des institutions et des acquis sociaux indestructibles. Rien de pouvait ébranler les bases et la suite d’un futur heureux dans un bien être sur. Rien !

 

Lui continuerait à revêtir son costard-cravate et ses pompes italiennes au cuir reluisant et à se sentir à l’aise dans sa parfaite panoplie un rien étriquée  d’employé modèle.  

Elle continuerait à présenter   sa garde-robe toujours au top mais pas trop pour se différencier avec classe de ses élèves chaque lundi matin.

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Tout baignait dans l’huile.

Et ce samedi-là, Claire pour ne pas changer ses habitudes devenues immuables  retrouverait quelques copines chez l’une ou chez l’autre  pour boire un café après un mini jogging en attendant l’après-midi de rejoindre  son cours de peinture après avoir accompagné les enfants au tennis et à la danse.   

Tandis que Sam s’interrogerait sur la nécessité de tondre la pelouse, de se plonger dans ses recherches généalogiques, ou retrouver des copains au golf, pour ne pas sombrer, comme presque chaque week-end, dans un ennui parfaitement dissimulé mais profondément réel.

 

Et ce samedi-là, pour changer un peu, Sam décida de quitter ce repos dominical au calme sous les arbres, la pelouse et l’air pur de sa petite maison pour aller se rafraichir les poumons au bioxyde de carbone.  En bref faire un tour en ville.

Exceptionnellement il avait gardé ses vieux basquets, mais Reebok quand même,  enfilé un jean élimé aux poches et aux genoux, un sweat arborant le buste d’un cow-boy à la cigarette aujourd’hui strictement interdite, relique d’une époque et un blouson léger. L’habit faisant le moine, en arpentant les trottoirs de la principale  avenue il était entré dans la peau d’un autre.

 

Il ne pensait à rien. Il traversait la vie de la ville dans son grouillement fourmilier. Et puis une affiche lui indiqua un Salon du livre. Il adorait lire et depuis quelques années déjà il n’en prenait plus le temps. « Etrange ce changement de comportement » pensât-il en consultant la liste des invités scotchée  sur la vitre de la porte d’entrée  qu’il poussa d’un geste machinal.

A part le grand hall vaguement dégagé la suite de l’immense salle n’était qu’enfilade de tables ou derrières leurs œuvres en piles les écrivains patients attendaient, expliquaient, commentaient et  signaient  leurs ouvrages.

 

Dans cet amalgame en patchwork  ou les couleurs se mêlent et embrouillent les regards il avança au hasard. Ne s’arrêtant sur rien ni personne de précis sinon par l’attirance d’une couverture plus aguichante qu’une autre. Et puis,  dans un angle clos,  presque trop discret, un visage, un regard, un sourire une infinie douceur. Que pouvait-elle écrire ? Il se saisit de son livre et chercha en vain à en décrypter la dernière de couverture. Mission impossible il ne parvenait pas à trouver un sens cohérant  à l’association des mots. Tout se mélangeait. Un sourire, une voix…  En quelques mots elle  lui résuma son roman en s’arrêtant avec précision sur cette frontière qui ne dévoile plus  mais donne envie de découvrir. Il l’écoutait mais n’entendait qu’un mot sur deux et encore. Au fond pris ou envouté par le charme jusqu’au mouvement suave de l’ourlet de ses lèvres,  se contentait-il de la musique de cette  voix magique. Une musique en harmonie avec   la douceur de son visage, de son regard, de ses yeux, de cette manière de remonter ses cheveux et de lui renvoyer un sourire comme une fleur à chaque regard.

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Il se dit qu’il se faisait des idées. Drôles d’idées, drôles de sentiments. Leurs échanges en question-réponses étaient-ils utiles ou juste un moyen de rester l’un face à l’autre ?

 

Cet étrange sentiment qu’il n’avait plus connu depuis si longtemps s’amplifia. Il le sentit totalement réciproque au point que leur silence dans la lumière de leurs yeux et l’émotion aquarellée   sur leurs visages parlait. Ils se parlaient à voix feutrée. Leurs mains n’osèrent pas s’effleurer alors que leurs lèvres dans la chaleur des sentiments  suscités avaient largement dépassé le cap du baiser.

 

 

Quand il s’éloigna, son livre dédicacé dans la main, Il se demanda bêtement s’il n’avait pas rêvé.

Et puis, qu'en était-il de sa vie parfaite ? Il n’allait pas se laisser griser par… Devait-il être raisonnable ? Et puis ne se faisait-il pas des idées ?  Allait-il tomber dans un piège ? Fût-il le plus joli des pièges. Il aurait pu se poser un millier de questions mais il ne s’en posait plus aucune. Se contentant de fixer l’image de  ce visage, de ce sourire, de ce regard,  de cette voix.

 

 

Plus tard, plus loin il découvrit en guise de marque-page une carte de visite…

 

Rien n’est définitif, rien n’est immuable ; ni les pires instants  ni les contes de fées.

Les choses tiennent à si peu de choses.  Et rien ne résiste à l’Amour.

 

Ainsi va la vie  

 

Williams Franceschi         

 

 

 

Conseils de la semaine:

 

 

Les facéties d'un homme heureux … Joëlle VINCENT … éditions Maxou… 

 

Pour vous procurer ce livre: un mail à: joelle.vincent732@orange.fr ou au téléphone : 06 98 38 41 14 . après règlement vous l'aurez sous 48 h et peut-être même dédicacé…

 

Norman mon fils … Nathalie Gendreau… Editions Dacres

 

La Goulue … Maryline Martin … Editions du Rocher

 

Voyage au pays de l'Oudjat … Sophie Turco … Editons 5 sens

 

Pas d'Amour sans Amour … Evelyne Dress … Editions Glyphe

 

La vie c'est Génial … Mylène Demongeot … Editions Archipel

 

La part de l'ombre … Laurel Geiss

 

 

 

 

 

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30/03/2019
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