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Ainsi Va la Vie… épisode n°111 Que me reste-t-il de t’avoir aimé ?...

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Que me reste-t-il de t’avoir aimé ?...


Se pose-t-on cette question sous une forme ou une autre ? Fait-on vraiment un bilan exhaustif et précis ? Pose-t-on sur chaque plateau de la balance le positif et le négatif ? Non, je ne crois pas. On ressent mais on ne l’exprime pas avec des mots. On souffre.

On continue à vivre ; sans projets, sans avenir, vidé de tout parce que tout nous semble définitivement  derrière nous. Et si certains soirs, plus sombres que d’autres, l’envie de nous foutre  en l’air nous traverse l’esprit quel ange gardien dans son infinie sagesse  nous a retenus dans ce geste fatal et ramenés vers  la raison ?

 

Les mots de nombre de chansons résument avec exactitude cet état de solitude profonde dans lequel, pataud et malhabile on plonge avant de  errer après… Après une rupture …Après… Après elle, après lui, après nous …Après toi.

 

Après toi… Plus rien n’existe. Plus rien n’a d’importance. On est là immobile et la vie comme une foule pressée passe, court, nous bouscule mais nous laisse insensible  et seul. Seul, figé, conscient d’être vivant et pourtant mort à l’intérieur. Nos regards se perdent dans le vague, rougis par la lumière d’un coucher de soleil dont nous sommes témoin et acteur.

 

Au début ce n’est pas l’absence  le plus dur mais le silence. Sa voix ! Sa voix nous manque et sans elle ; les bruits,  ces bruits si familiers  deviennent plus sourds et les images qui nous entourent ne s’impriment pas  tandis que les visages se floutent. Notre attention ne se porte plus sur  rien.

 

On traine, on se traine et l’on montre le même sourire forcé mais sans force qui voudrait ne rien laisser paraitre. Qui peut nous comprendre ? D’ailleurs on ne cherche à être compris de personne parce que personne n’est à notre place.

 

Dans les premiers temps, malgré le choc on se fait une raison. On se croit assez fort pour subir sans broncher. Et devant les amis, les copains, les proches qui savent et croient comprendre, les mêmes amis qui conseillent, cajolent et condamnent l’autre à qui ils ne donnent aucune circonstances atténuantes,  on fait semblant d’être convaincu. Convaincu par leurs amitiés partisanes et parti-pris,  leurs explications mal documentées, leurs analyses qu’ils ramènent toujours à leur propre expérience,  et leurs conclusions professorales  où évidement ; nous allons nous en sortir, nous en remettre.

 

Ils sont  déjà passés par là. Ils savent de quoi il parle. Sauf que nous aussi on est déjà passé par là et que ce n’est jamais deux fois pareil. Ça y ressemble. Mais ça n’y ressemble que vaguement à moins qu’on ne s’en souvienne pas aussi bien qu’on ne le présume.   

 

C’est dur mais on va s’en sortir et puis ils sont là, comme ils nous l’affirment sur un ton paternaliste et  rassurant. On les suit, on les écoute ils sont gentils et compatissants. Et plus ils sont là, plus malgré les apparences on se sent seul. Et devant cette télé ou les programmes tournent en boucle et meublent l’espace comme une présence immatérielle on est seul. Plus seul que jamais.

 

On en a vu d’autres, On a vécu pire, on positive et pour s’en convaincre  on s’applique une  méthode autosuggestive auquel on ne croit pas mais on ne risque rien d’essayer. Mais non le cœur saigne.

 

Très vite, lassé par notre entourage, derrière le masque des apparences on joue un rôle. Un rôle et l’on finit même par se confondre avec ce personnage que l’on habite provisoirement. On joue un rôle parce qu’on n’a plus envie de se répandre, de s’expliquer. Désormais le regard et l’avis des autres nous importent peu. Si au début on a eu besoin d’en parler ces temps sont révolus. On regrette même de ne pas tout avoir gardé enfoui en nous et l’on redoute maintenant le : « Alors comment ça va ? » si anodin et banal dont on pense à chaque fois qu’il s’adresse à notre état sentimental.

 

On a mal. Ça nous brule ça nous ronge mais on n’a plus envie de partager notre douleur. Parler, même si au fond nous avons  été plus discret qu’il n’y parait,  parler nous a-t-il permis de moins souffrir ? Pas vraiment, même pas du tout. On a juste rendu notre intime public et ça n’a rien soulagé du tout.

 

Souffrir ! On a  envie d’hurler notre désespoir et paradoxalement de le taire. Tout garder à l’intérieur. La grandeur de notre  chagrin est proportionnelle à l’immensité de notre amour. Car ce mal qui nous ronge à un visage, une voix, une odeur, un parfum, un grain de peau, des gestes, une chaleur, des façons, des soupirs, des rires… il nous manque.

 

On ne reviendra pas en arrière. Et pourtant insidieusement l’espoir subsiste. Peut-être un jour, avec le temps. Pourtant on sait que cet espoir nous ferme toutes les portes vers un autre amour. Mais d’un autre amour pour l’instant on s’en fout. On s’en fout à un point qu’on a ni vue ni  compris le sens de certains regards langoureux et encore moins certaines invitations à sortir de notre coquille. On s’en fout parce que pour l’instant le prochain amour se cantonne au dernier dont le feu nous brule encore. On s’en fout parce qu’on en crève d’aimer à ce point.  C’est peut-être ça avoir quelqu’un dans la peau ?

 

Et si tout ça n’était qu’un mauvais rêve qui aurait tourné au cauchemar ? Allons-nous nous réveiller fiévreux, transpirant, les cheveux mouillés ? Mais non ! nous sommes bien dans la dure réalité. Nous n’avons plus gout à rien. Le chagrin nous brule dedans, dehors pour un rien nos yeux s’embrument et l’on retient nos larmes question d’orgueil. Faut-il encore ne rien montrer ou se lâcher à nouveau comme pour  libérer  cette douleur qui nous étreint et persiste ? La question restera une question.

 

Le temps passe. On savait qu’il fallait laisser le temps au temps. Si les coups de foudre ne durent rarement plus de trois mois il en est peut-être de même des douleurs de son opposée. Tout passe, tout s’efface, rien n’est éternel. 

 

Et puis un jour alors que l’on croyait enfin avoir atteint l’oubli ; les raisons, les  pourquoi, les comment, les doutes et les incertitudes reviennent nous troubler l’esprit et des flashes nous rappellent son visage, son sourire, un instant de grâce, la douceur de nos corps lovés dans la chaleur de l’amour… On en est plus vraiment à revenir sur des questions mais à vivre le vide. Un vide immense où plus le temps passe et  plus l’espoir se meurt.

 

On a déjà tout vécu. Ne plus se nourrir, ne plus sortir, ne plus dormir. On a même essayé de lui trouver toutes les excuses ; les pires comme les meilleures. Et même d’accepter la situation en regardant enfin ailleurs. On en est même arrivé à en avilir l’image, à l’abimer, à la détruire mais ça n’a duré qu’un temps très court. Il a suffi de croiser une photo sortie d’un portefeuille ou de l’écran d’un portable pour que notre regard se fixe captif de sa présence même par image interposée et de ressentir tout ce qu’en vain on essayait d’oublier. On s’est dit qu’il fallait effacer cette photo pour ne plus la croiser mais… c’est impossible. Impossible !

 

On a le blues. Notre voix interne pour nous éloigner dit n’importe quoi et n’en pense pas un mot.

 

Cet amour. Ce doux ce fou cet incroyable amour nous ronge comme une maladie. Mais cherche-t-on vraiment à en guérir ? 

 

Et puis les années passent. D’autres yeux, d’autres parfums, d’autres sentiments nous frôlent, nous caressent, nous envoutent. On oublie dans d’autres bras au chaud d’un autre lit, au creux d’un autre nid. Le temps passe et les souvenirs s’étiolent  au profit d’autres souvenirs. Restent un visage et des sourires de plus en plus flous. Une silhouette qui s’éloigne de dos. Une manière si particulière de se déhancher. Une élégance  qui sublime une exceptionnelle présence. Un charme discret. On nous avait dit ; avec le temps… et l’on constate que : malgré le temps…

 

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Et puis un jour, enfin, comme une résurrection, on aime à nouveau. On s’interdit pour l’instant d’être amoureux mais on aime.  On aime avec toujours cette crainte devenue peur de faire souffrir même le dixième de ce qu’on a  souffert. Car on sait que rien n’est vraiment effacé. On a peur d’aimer par procuration, que cet amour ne soit qu’un amour de substitution. De se mentir sur ces nouveaux sentiments. On n’oublie jamais quand on a vraiment aimé et on le sait.  On a même encore  cette sensation étrange d’être en faute, de trahir, de tromper. Etrange sentiment quand en plus on n’est pas celui qui est parti.

 

L’esprit se libère-t-il d’un grand Amour ? Son image fantomatique nous hantera-t-elle longtemps ? Toujours ?

Qui peut répondre quand ni le temps, ni les plus beaux corps à corps aussi torrides soient-ils, ni la beauté, ni la tendresse, ni toutes les qualités réunies n’y changent rien.

 

Aucun nouvel amour ne remplacera jamais le précédent. On aimera autrement, différemment, ni plus, ni mieux. On aimera encore. On  aime jamais deux fois pareil. Mais on aimera surtout si l’on est aimé.

mais au fond, que me reste-t-il de t’avoir aimé ?  À par de t’aimer encore ?

Ainsi Va la Vie…

(A suivre…)  

  

 



06/05/2018
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