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Ainsi Va la Vie… épisode n° 168… Parfum d'Amour

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– Ca va pas ?

– Si si…

– Ben t’es pas bavarde !

– Non !

– Tu fais la gueule ?

– Non. Je boude !

– Ça boude une fée ?

– Oui. Ça boude une fée.

– Et ça boude pourquoi une fée ?

– Pour deux raisons.

– Raconte !

– Nan !

– En plus de bouder ça a mauvais caractère une fée ?

– Pas du tout. J’ai très bon caractère.

– Ça dépend des jours

– Meuh ! Ça dépend des jours, ça dépend des jours ? T’en foutrait mois des ça dépend…

– Et en plus ça s’énerve jamais une petite fée ?

–Nan ! Jamais…je suis d’un calme olympien greeee…

– Je vois ! Donc tu boudes et tu restes calme.

– Ab… so….lu…ment !

– Et pourquoi tu boudes.

– Tu veux vraiment savoir ?

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– Ça fais deux fois que je te pose la question. Soit je perds la mémoire soit j’ai un bug ! Je bégaye... Alors ?

– Ton amie Sophie Vernet. La photographe.

– Oui ?

– Elle a dit qu’elle adorait… qu’on ressemblait à un numéro de ventriloque.

– Oui je sais. Je lui ai dit que ça n’allait pas te plaire.

– Et ben je lui redis : Je suis une fée pas une peluche ! Et je dis ce que je veux c’est pas lui qui m’impose et me fait parler. Je suis totalement au..to..nome ! Parce que je suis une FÉE !

–Mais elle  gentille Sophie. Elle a pas dit ça méchamment. Elle a même dit qu’elle adorait.

– Ben moi aussi j’adore ses photos Mais…

– Bon, c’est bon, tu l’as dit. Et Après ? Pourquoi tu boudes.

– T’es amoureux !

– Ah ! Non. Tu vas pas recommencer.

– Si !

– T’es toujours aussi jalouse !

– Nan ! Mais t’es amoureux et ça m’agace.

– Tu dis n’importe quoi. Ça fait des mois que je passe le plus clair de mon temps à bosser et à écrire. Quand veux-tu que j’ai le temps d’être amoureux ?

D’abord y’à l’autre avec son corps de poupée et ses yeux qui font gling ! Gling ! Quand elle te regarde.

– Mais c’est toi qui vois ça comme ça.

–  Toi, faut que tu revoies ton ophtalmo.

– N’importe quoi.

– Et puis y’a le mannequin.

– Quel mannequin ?

–  J’écris son nom ?

– Non dis-moi ça doucement dans l’oreille

–…….

–…….

– Waouh !!! T’as le nez fin pour une petite fée.

– Alors ?

– Mais j’ai toujours été amoureux d’elle.

– Et elle le sait ?

– Pas sur !

– Et t’es amoureux… amoureux ?

– Oui comme de Claudia Cardinal à une époque ou…

– T’as été amoureux de Claudia et vous ?

– Non pas vous… mais amoureux comme à mon avis des millions de spectateurs.

– Là tu noies le poisson et tu te fous un peu de moi parc ’qu’avec ton mannequin c’est pas pareil.

– Si tu le dis !

– Et cette histoire de  « Parfum d’amour ? »

C’est une des histoires à paraître dans le recueil d’histoires d’Amour que je termine de mettre en page et qui sortira en principe avant la fin de l’année.

– Et tu en publies un extrait dans ta chronique ?  

– Oui! En exclusivité pour mes lecteurs. Ils le méritent bien non ?

– Et ce « Parfum d’amour » ALORS ? C’est une histoire vraie ?

– C’est peut-être ce qui se passera avec mon mannequin si tu continues à me harceler.

– Heu ! l’aut’… le harceler … le harceler….

 

"Parfum d’Amour"

 

 

 La lumière tamisée de l’abat-jour moire d’un long reflet argent  la transversale d’un vieux 33 tours qui tourne, mais semble onduler par effet d’optique, sur la platine. L’ambiance feutrée de la petite chambre, propice aux rapprochements des corps, bercée par les violons d’une chanson d’Aznavour, s’imprègne peu à peu d’une odeur chargée d’envies, de désir et de sentiments. Mais cette odeur n’est pas une odeur c’est le parfum de l’amour.

 

Plus encore, qu’avant d’avoir franchi et refermé la porte derrière eux, inconsciemment  des phénomènes marquants les traversent et les transportent dans son univers ouateux où ils sentent simultanément leurs cœurs battre, leurs mains trembler et cette infime transpiration à la racine des cheveux qui précèdent ce besoin de parler.  Mais les mots  ne franchissent pas le seuil de leurs  lèvres et se résument, faute d’avoir été formulés, à des regards interrogatifs et de  simples sourires.

 

 Et puis, enfin quelques mots  simples doux et tendres  soufflés, murmurés, avoués de regards en regards dans la pureté de leurs maladresse glissent suaves  d’elle à lui et de lui vers elle avant que le silence en prémices aux gestes n’ait comme toujours le dernier mot.

 

Il l’aime. Mais tout s’est passé si vite qu’il a peur qu’elle le prenne pour un fou. Elle l’aime et craint déjà de le perdre avant de l’avoir gagné.

 

Ils veulent se faire croire qu’il ne s’agit que d’une aventure. Qu’ils ne s’attacheront pas. Que l’avenir s’écrit tout seul sans besoin de forcer le destin. Sans s’obliger à signer des serments d’une encre indélébile au bas d’un parchemin. Ils veulent se faire croire que leur vie ne commence et surtout ne s’arrête pas là.

Dans le doute, ils joueraient presque à contre-emploi,  l’indifférence avec désinvolture. Mais peu à peu, lui a réussi à tout oublier à part la magie de l’instant qu’il vit et elle. Elle si proche de lui. Tout oublier à part elle.

Mais elle ; pas encore. Il le sent, le ressent,  le devine. Elle est avec lui mais un pan de son esprit plane encore ailleurs. Elle est bien, heureuse, presque épanouie  et pourtant. Lui voudrait ne pas avoir senti cette distance, ce déphasage. Mais il sait qu’il ressent tout et que si bien souvent cette hypersensibilité est une chance parfois il aimerait égoïstement tout ignorer. Ne rien percevoir. Même se tromper. Malheureusement il ne se trompe que très rarement.     

 

Sa main caresse sa main, effleure sa joue avant que ses doigts ne se perdent dans sa chevelure. Leurs paupières se ferment et leurs lèvres se posent sur leurs lèvres. Juste posées aucun des deux n’ose aller plus vite et plus loin.  

Posées juste posées tout en douceur. Elles se caressent, se frôlent, se découvrent sans chercher encore à conquérir la bouche de l’autre. Elles se caressent sensuelles et douces entre soie et velours.

  

Et puis, comme au réveil du plus beau des matins leurs yeux s’ouvrent. Leurs yeux s’ouvrent en gros plan sur leurs yeux et se noient dans les détails des couleurs de leurs iris. Leur regard est un livre ouvert ou un mot domine écrit et réécrit en centaines d’exemplaires : « Je t’aime ».

Ils le lisent chacun de leur côté et s’en abreuvent mais aucun ne prononce ce Sésame. Il est encore trop tôt. On ne galvaude pas une pareille déclaration. Ça ne se jette pas comme ça. Même si ça leur brûle la langue.   

 

Elle aime son regard profond, il aime le sien jusqu’au bout de l’ombre de ses longs cils. S’interroge-t-ils où sont-ils enfin libres de leurs sensations pour n’avoir rien d’autre à exprimer que le plaisir et l’envie immédiat et sans retenue ? Ils posent à nouveau leurs lèvres sur leurs lèvres et dans un élan frénétique tout à coup se mangent la bouche de baisers plus intenses, plus profonds, plus charnels où leurs langues échangent le désir en envies brûlantes.

Il la serre fort si fort. Elle se love contre lui et ses doigts se plantent presque dans les muscles de son dos pour le garder, le retenir l’appeler à poursuivre jusqu’à lui couper le souffle qu’elle semble ne jamais reprendre. Ils font l’amour avant l’amour dans sa beauté,sa douceur et de sa violence possessive.

 

Enlacés, ils se sont allongés sur un lit qu’ils n’ont pas ouvert. Ils ne se souviennent même plus comment ils y sont arrivés. Si leurs bouches se sont aimantées, leurs yeux restent clos. Ses doigts à lui glissent en caresses sublimes aux douceurs de plumes dans le creux intérieur de ses cuisses. Si elle ne cache pas le plaisir qui la traverse  et l’exprime même à fleur de frissons, elle hésite encore pudique à s’aventurer plus loin. Mais l’envie domine vite l’hésitation. Elle lui desserre sa chemise et  laisse sa main découvrir la rondeur de ses épaules, le relief de ses pectoraux et de ses abdominaux avant que sa bouche ne les tapisse de baisers chauds.

 

La chaleur de cette chambre mal chauffée est à son maximum et leur corps au point de fusion.  

Ils n’ont pas eu le temps de mémoriser l’instant précis où ils se sont délestés de leurs vêtements avant que leurs corps nus ne s’habillent à nouveau de caresses et de baisers.

Leurs peaux brûlantes enlacent et enrobent leurs peaux brûlantes reliées par leurs lèvres, leurs bouches, leurs mains, leurs jambes, leurs bras et leurs sexes qui cherchent à donner autant qu’à recevoir tout en se nourrissant de l’odeur, de la présence jusqu’à l’appartenance totale de l’un à l’autre.

Ils se donnent. Ils se prennent. Ils s’offrent. Ils se gardent dans un abandon total.  Elle le sent si bien dans ses merveilleux va et vient. Il la ressent jusqu’à sa plus infime particule de femme. Elle est la femme et il est l’homme sans dominé sans dominant juste un retour presque animal vers l’Amour. Un Amour ou rien n’existe plus sinon l’autre. L’autre qui fait partie intégrale de soi.

 

Elle l’aime en elle. Il ne le devine plus ; il le sent il le sait. Ils s’aiment et maintenant ils savent qu’ils s’aiment physiquement jusqu’au bout de l’extase.

 

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 La lumière tamisée de l’abat-jour est restée allumée. Le 33tours sur la platine s’est immobilisé depuis longtemps et leurs corps lovés l’un dans l’autre pour ne former qu’un se sont endormis dans  la chaleur et le parfum de l’amour.

 

La magie de Leur corps à corps ne s’éteindra pas après l’amour. Leur amour est tellement fusionnel et complice que même en se séparant ; ils ne s’éloignent pas.

 

Ainsi Va la Vie...

 

Williams Franceschi

 



06/09/2019
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