Articles et chroniques

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Ainsi Va la Vie… épisode n°92… Messages, lettres, corespondance...Comme un TRESOR retrouvé


PICT0003.JPGEst-ce de la chance? Depuis toujours on m'écrit beaucoup. Par le poste, ou par les nouveaux moyens de communication; mails, sms, Messenger... on m'écrit. Et durant longtemps j'ai tout gardé sans me rendre vraiment compte du volume que ca représentait en plus de mes propres textes articles chroniques chansons bouquins, nouvelles et j'en passe...

 

 

C'est incroyable ce qu’on stocke dans un ordinateur dans un ordre trop souvent aléatoire et  hasardeux. On enregistre où on peut, ou plutôt, où ça veut bien se nicher; en se disant qu’il ne faut rien perdre. On y reviendra… et on n’y revient jamais.

 

Alors depuis quelques jours après les photos  je m’attelle à ranger, ordonner, effacer ce joyeux bordel dont je suis le seul instigateur coupable. Et ce n’est pas une mince affaire. En plus, je perds dans ce méticuleux rangement un temps fou en hésitations.

 

Soit, parce que le texte que je redécouvre en quatre exemplaires n’a aucun intérêt et que je me demande pourquoi j’ai absolument voulu  le conserver. Et oui, si j’ai conservé un truc aussi insipide en tant d’exemplaires c’est qu’il devait bien y avoir un intérêt quelconque ? Mais lequel ?…

 

Soit, au contraire, que celui que j’avais casé dans le mauvais fichier se révèle dès les premiers mots comme… Comme si je le découvrais de la plume d’un autre. Etrange sentiment. Alors je lis, je relis, je rerelis et je m’étonne…

 

 - C’est moi qui ai écrit ça ? NOoooon ! Mais si ! Mais quand ?

Alors je l’observe autrement… je le tourne, le retourne, le contourne. Comme on observe médusé son propre visage sur une photo en se demandant si c’est bien nous ou le talent du photographe qui a permis un résultat pareil aux antipodes de l’image catastrophique que nous avons de nous-même.

 

Ce texte m’étonne. En plus, le bougre, il n’est pas mauvais. Si j’osais je vous avouerais qu’il est même bon, très bon. Très bon ? N’exagérons pas non plus. Certain d’y revenir je le range ailleurs, dans un autre fichier, que je nomme : "Textes intéressants à revoir".

 

Bon tout ça, ce n’est pas grave, surtout qu’il arrive que ça nous réserve aussi de jolies surprises. La première fut de découvrir ou redécouvrir comme  des  trésors secrets un nombre incroyable d'échanges de correspondances assez anciennes. D'abord sur papier en rangeant les photos les vraies elles aussi sur papier et le plus souvent  en  les noir et blanc. Et maintenant les autres; les messages, les lettres, la correspondance électronique.

 

Je les avais enfouis comme un pirate sur une ile perdue dans un fichier derrière un autre puis un autre et pas au bon endroit en plus. Et pour couronner le tout, dieu seul sait dans quel casier  de ma boite à neurones j’avais bien pu ranger la carte pour retourner vers ce lointain rivage.

 

Mais même sans carte, j’ai peu à peu retrouvé le cap, mon ile et enfin mis le doigt sur ces lettres et correspondances qui m’ont transporté  dans un autre univers.

 

 En ouvrant ces fichiers j’avais l’impression de tirer sur les tiroirs secrets d’un vieux secrétaire. Ces petites cachettes dissimulées derrière des plateaux coulissants plaqués de bois précieux et recouverts de cuirs laissant apparaître quelques lettres enrubannées soigneusement rangées à l’abri de lectures indiscrètes.

Oui,  avec un peu d’imagination ça ressemblait à ça. Sans le charme et la poésie de l’encre séchée et de l’odeur du papier bien sûr, mais il s’en est fallu de peu.

 

J’ai lentement, presque délicatement relu certaines de ces lettres. Pas toutes il y en avait trop, et relues en parti seulement comme si je ne voulais pas tout dévorer sans savourer. En parti seulement, pour y revenir plus tard, l’esprit libre, loin de l’effet de surprise qui peut en déformer la perception. Et puis certaines je les ai mise à la corbeilles:  "A oublier".

 

 Avec le recul, et sans citer les personnes concernées, je pourrais en faire  de très jolies nouvelles pour ne pas dire le cœur battant de romans. Pour certaines lettres, certaines plus particulièrement, vous dire que j’ai tout d’abord fait une lecture à froid sans éveiller le moindre sentiment serait vrai si je m’en tenais aux premières minutes. Non, aux premières secondes.  Mais après…

 

Après les émotions sont remontées comme la chaleur laisse pressentir des perles de transpiration aux creux de nos cheveux. Après, au fil de mots, je  suis sorti des images ouateuses du souvenir. Je ne me souvenais plus je revivais avec douceur et précision les instants qui avaient précédés la pose enflammée des mots sur le papier. Il y en a même quelques lettres que j’ai lues pour la première fois entre les lignes. Et certaines nuances, je l’avoue, m’avaient totalement échappées à l’époque, dommage.

 

 Par pudeur, par respect; je ne vous révélerai pas de qui émanent ces lettres que je ne vais d’ailleurs, pour quelques-unes seulement, non pas vous les livrer telles quelles mais vous  raconter

 

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C’est étrange ce que l’on peut dévoiler entre l’encre et le papier
qu’on n’oserait pas de vive voix. Et pourtant, peut-être à cause de la photo de son visage collée en entête de page, en   lisant celle-ci ; je l’entends et je m’entends parler et répondre. La voix s’infléchis sur une intonation qui suit le rythme de sa respiration, les yeux se baissent et la lèvre inférieure vibre sur des points de suspensions. Elle retient son souffle et son émotion par crainte qu’ils ne l’emportent vers des aveux, de doux aveux. Elle tourne autour du sujet, elle aimerait que je l’aide et en attendant ma réponse, en conclusion  elle m’embrasse discrètement et signe de son prénom.

 

Là nos échanges défilent en ribambelle juste ponctués par les dates d'envoies et de réceptions. Elle m'écrivait presque tous les jours puis toutes les semaines. Je n'ai rien jeté. Si je m'appliquais le plus souvent possible à  répondre dans les temps ce ne fut pas toujours possible. Ca me gênait. Et un jour je le lui ai avoué mon incapacité à poursuive aussi intensément cette relation épistolaire. Les vérités ne sont pas bonnes à dire. J'ai craint de la blesser et cet aveux qui ressemblait à un abandon m'avait mis particulièrement mal à l'aise. j'avais eu la sensation de lâcher la main d'un naufrager qui demandait secours en pleine mer.

 

Ce terrible sentiment de culpabilité a longtemps hanté  mes nuits blanches. Pourquoi me faisait-elle une confiance aveugle? Pourquoi me racontait-elle tout comme si j'avait été son confesseur ou son psy? Pourquoi? Je n'ai pas encore aujourd'hui les vraies réponses. Besoin d'être écoutée ou entendue?... Besoin d'amitié, besoin d'amour? Cherchait-elle un grand frère ou un amoureux? Ou les deux?...

Bien sur j'ai quelques idées. Je lui ai posé la question mais ses réponses quoi que flatteuses à mon égard sont restées  évasives.  Cette confiance et ce rôle de confident que j'ai tenu et que j'ai encore la chance de  jouer parfois me flatte et m'honore encore faut-il en être digne... et là précisément, après quelques mois je n'étais plus en phase. Elle continue aujourd'hui encore, par touches sporadiques, à m'écrire et à suivre mes pérégrinations. Je pense qu'elle se reconnaitra.          

 

Là, la correspondance suit un long article que j’ai consacré à la sortie d’un premier album. Le chanteur me remercie chaleureusement. C’est normal le CD était bon, j’en ai dit le plus grand bien. En plus c’est son premier article il vaut mieux que mon papier soit valorisant. Mais les messages reçus plusieurs semaines plus tard après que je l'ai vu en sur scène sont moins digests. Il s’étonne que je n’aie pas écrit une ligne sur son concert et m’en fait tout un pataquès. Le ton est vindicatif limite dictatorial. Tout ce que j’aime.

Je lui réponds que rien ni personne ne m’oblige à écrire quoi que ce soit et qu’en plus il valait mieux que je m’abstienne  plutôt que de le descendre en flèche…Car si ses enregistrements studio m'avaient séduit il n'en était pas de même de sa prestation scénique. Là je me souviens d’appels et de demandes de conseils que je lui prodiguerai gentiment preuve que je ne suis pas rancunier. Je prendrai même le temps de retourner le voir une seconde fois un an plus tard… Et dans ma grande mansuétude, en rentant chez moi ce soir là... j’ai tourné 7 fois ma plume dans ma bouche avant de la ranger délicatement dans ma trousse. 

Son second album, mal ficelé, ou la fraicheur, la spontanéité  et la fragilité du premier avaient totalement disparu ne m'incita pas a en écouter les 12 titres. 

 

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Pendant mon tri, je fut distrait par une photo
que j'avais placée face à moi sur mon bureau dont je me saisis pour l'observer de plus près. Une photo en noir et blanc où mes parents, chacun de leur coté, tenaient la main de ma petite sœur. Elle devait avoir deux ans, deux ans et demi tout au plus. Une photo prise par ces photographes de ville qui traquaient le moindre passant susceptible de leur acheter leurs prises  sur le vif. 

En cherchant à replacer cette photo elle me glissa des doigts et je découvrit   quelques mots écrits   au verso. Ecrits au crayon ou plutôt à la mine de criterium. Avant même d'en entamer la lecture je reconnu l'écriture si particulière de mon père.

 

 

Ce n'était pas juste quelques mots mais un appel à la raison. Les mots du désespoir dans un appel à l'espérance. Très émouvant de lire cette lettre au dos d'une photo comme un carte postale. Lettre qu'il ne postera jamais. Emouvant en quelques mots et une image de revenir sur le début d'une fin d'histoire qui brisera ma jeunesse et marquera ma vie...

J'ai caressé la photo. L'ai remise là où je l'avais dérangée. Suis allé faire un tour histoire de prendre l'air. Et puis,  presque détaché de l'émotion qui m'avait envahi je suis revenu visiter le reste de mes correspondances... La continuité tout en passant à autre chose.           

 

Là le texte commence par une photo aguichante mais belle. Les mots sont directs. Passionnés et passionnels. Elle n’y va pas par quatre chemins. Elle a peut-être raison. Son corps parle autant que son cœur. Elle n’a pas ou plus de temps à perdre ; ni en attentes ni en palabres. Son « j’ai envie de toi… » Qui précède un développement moins pudique et sans ambigüité avant d’entrer dans le vif du sujet ponctué de détails charnels et terriblement brulants nous entrainent sans fioritures vers le résultat final. Sans longs préambules.

 

Si les femmes sont tactiles et ont besoin de prémices envoutants, me semble-t-il?  Là on saute un peu les étapes. C’est l’amour du footballeur : Droit au but. Et pourtant en la relisant plus attentivement je pense que tout ce qu’elle me raconte, est à tort, ce qu’elle s'imagine que j’espère. Elle est prête à tout. Meme à essayer de penser comme elle croit  que je pense…

 

 Là, c’est une autre couleur, une autre présentation, une autre personne. Elle me parle de tout, de rien, de sa famille de la région où elle a grandi. Les images d’automne succèdent au ciel bas et lourd des hivers de son enfance. Son grand-père la porte sur ses épaules. Elle a soigneusement calé son cornet de frites dans les plis de son chapeau au risque d’y laisser quelques taches d’huile en souvenir. Elle domine sur la grand place la foule des passants et pourrait par un effet d’optique en tendant les mains s’accrocher aux aiguilles de l’horloge du beffroi. Changer l’heure du bout de ses petits doigts de poupée ça l’aurait fait rire aux éclats. Elle se sent en sécurité. Cette sécurité c’est la solidité inébranlable d’un amour qu’elle cherche inconsciemment à retrouver chez tous les hommes susceptibles de devenir le sien. Son message subliminal n’avait atteint. Je m’en souviens encore. J’étais plus jeune et large d’épaule. Et à cette époque ; plus protecteur que sécurisant et toute la longueur de la France nous séparait.

 

 Là, c’est le texte d’un article suivi de notre correspondance. L’interview c’est bien passée presque trop. Il n’y a pas que mes questions/réponses qui nous aient aimantés l’un à l’autre. Nous avons tant de points communs que j’ose à peine lui poser mes dernières questions dont je présume ses réponses.

 

Ses yeux pétillent d’une lumière sans équivoque. Nous sommes sorties du sujet. Je lui ai raconté une part de ma vie elle a continué à me raconter des pans entiers de la sienne et une part d'intimité qu’on ne livre jamais à la presse. Preuve de confiance ? On a déjà dépassé ce stade. Je lui trouve un charme fou et je lui avoue. Elle me revoie le compliment. Peut-être n'est-elle que très polie. Qui des deux a  envie d’embrasser l'autre?.. et qui a peur de passer pour un fou ou une folle? Et pourtant…

Les appels téléphoniques comme nos correspondances resteront toujours très raisonnables avec juste de temps à autre une allusion à une phrase, un mot, un sujet d’une de mes chroniques. De fines allusions distillées avec classe qui me laissent à penser qu'elle n'était pas simplement que très polie. Les braises allumées ce soir-là seraient-elles encore chaudes ?

   

Dans celle-ci ; mes chapitres sont plus longs que les siens. Je réponds, je devance, je développe. La correspondance n’est que la suite  de longues discussions dans le réel. Et peut-être même la suite de longs silences mais qui, lorsque nous marchions côte à côte, raisonnaient plus fort que les plus beaux mots d’amour. Cette correspondance n’est qu’une suite écrite d’instants toujours williams dans les nuages - Copie.JPGtrop courts même s’ils avaient pu durer une éternité. Des instants qu’on ne voulait jamais  voir se terminer. Une suite à la suite. Un moyen de ne pas se séparer physiquement ou le moins longtemps possible.

 

Les mots n’étaient que les maillons d’une chaine invisible pour ne pas se sentir trop loin. S’écrire pour compenser l’absence. S’écrire pour adoucir l’attente. S’écrire pour conforter l’autre et dissiper le moindre doute.  La petite correspondance n’était qu’une corde tendue pour rester liés l’un à l’autre sachant que toutes  séparations, même courtes, même provisoires devenaient vite invivables.

 

Une correspondance qui succédait à des baisers sur un pas de porte éclairés par une minuterie que nous finissions par ne plus rallumer tant ce dernier baiser était rattrapé par le suivant qui lui non plus, malgré nos promesses, refusait d’être le dernier…

 Ainsi va la vie…

 

 

(A suivre)

 

Williams Franceschi

 

Quelques photos d'Amis... Bruno.. Angela & Yves... Marie-France... Martial & Michel... Michèle... Sophie... Mellisse... Stéphan... Patricia... Bernadette... Agnes... Marie Sylvie...  Dominique... Jacques... Christian & Liliane... Marie ...  Clo...Danielle  sylviane...

 

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30/12/2017
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