Articles et chroniques

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Ainsi Va la Vie... épisode n°302... Extrait de "PARFUM de FEMME" roman en cours

 

Première rencontre avec Nath

 

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Paris 1974....
Il se souvenait de tout et entre autres, ou plus particulièrement,  de  cette première rencontre dans les moindres détails  comme s’il la revivait....

 

Charles, l’ami d’entre les amis, le presque frère quand on a vingt ans,  l’avait entrainé à le suivre pour assister à la dernière répétions d’une pièce dans laquelle il jouait.  La séance terminée, tous les comédiens en herbe et les accompagnants présents dans la salle ou sur les planches  s’étaient réunis dans l’immense appartement du metteur en scène, qui constituait le rez de chausser d’un hôtel particulier haussmannien donnant sur un jardin à quelques rues plus loin.

 

Pris dans le tourbillon, Sam avait suivi le mouvement et s’était retrouvé assis dans un coin, sur des coussins inconfortables à manger, des pizzas froides et boire n’importe quoi en écoutant cette jeune faune hétéroclite refaire le monde.

Plus que discret, il observait sans participer, s’interdisant même de donner le moindre avis tranché. Leur univers n’était pas si éloigné du sien mais pas des plus proches non plus. Ils vivaient leur jeunesse aux grés de vies de bohème, bohème mais  dorées pour la plupart. Et s’ils laissaient libre cours à leur insouciance c’était sans vrais grands risques, protégés par un moelleux  filet de sécurité  tendu par leurs parents. Etrangement, Sam ne jalousait en rien leurs situations privilégiées, il lui arrivait parfois de les envier, simplement les envier, les soirs ou le cœur en berne il avait l’impression d’avoir épuisé toutes ses ressources et d’être vidé de tout. Mais ses coups de blues duraient peu convaincu qu’il vivait la dure loi de la sélection et les rudes réalités de l’apprentissage.

 

Assis à ses côtés, son ami Charles l’observait remonter régulièrement  sa manche, et d’un œil inquiet consulter sa montre.

– T’es pressé ? T’as un rancard à …

– Minuit vingt ?! Non ! Mais je me lève, théoriquement, à six heures. Va falloir quand même que j’y aille parce que sinon je vais être dans le coaltar jusqu’à midi.

– Tu bosses dans quoi en ce moment ?

– Je fais un remplacement dans une caisse de retraite au service des archives.

– Ça te plait ?

– L’ambiance est  sympa… surtout parce qu’ils savent que je ne cherche à prendre la place de personne. Tu sais bien,  c’est juste un job alimentaire.

72724083_2145216159115204_6782100629964718080_n.jpg– Et Nath, comment tu la trouves ?

– Nath ?

– La comédienne avec qui je joue dans la pièce.

– Y’en a quatre…

– La plus petite… blonde.

– Ah Ouais !... Elle joue bien !

– Et c’est tout ?

– Heu…Oui enfin non... J’aurais dû voir autre chose ?

– Je sais pas.

– Si tu sais ! Aide-moi. J’ai dû louper un épisode.

– Elle t’a regardé…

– Moi aussi je l’ai regardée... sa copine m’a regardé..

– Mais elle, elle t’a regardé intensément. Intensément  du coin de l’œil en plissant son regard.

– Du coin de l’œil ? Et en décodé pour être plus précis ? 

– Elle te regarde pas, elle te mémorise, elle t’observe... elle te dévore. Elle t’a apporté à boire et elle est revenue t’offrir de la pizza.

– Ha !.. Et ça suffirait pour que je me fasse un plan sur la comète?  Et d’après toi, qu’est que je devrais  en déduire ?

– Hé, t’es con de naissance ou c’est venu en grandissant ?

– J’en sais rien ! Mais tu vas pas un peu vite en besogne Charly ?  Avec tes déductions à la Speedy Gonzales ?

 

Charles soupira. Sam tourna la tête et la chercha. Elle écoutait, un verre à la main, l’avant-bras en appuis sur le dossier d’un canapé aux cousins usés jusqu’à la trame, un barbu inspiré du Ché.

L’éclairage d’une lampe en porcelaine de chine à l’abat-jour en vessie de porc offrait à son visage par sa lumière indirecte une douce couleur mordorée et à son regard une intensité presque irréelle.  Charles lui chuchota en baissant la tête:

– Sam, T’es d’une incroyable discrétion ! 

– Pourquoi? Fallait être discret? De toute façon tu te trompes. Tous ces petits gestes, la pizza, le verre, les sourires, c’est juste de la gentillesse, de la bienveillance, de l’éducation ! Pourquoi toujours imaginer…

– Pourquoi toujours imaginer… ? T’es vraiment un mec à part.

– Non, je suis juste réaliste. Elle est super jolie ta comédienne. Tellement jolie qu’elle le sait, et que tu te goures.

– Elle n’est pas que jolie!  Et non, je ne  me goure pas.

– En imaginant, même si tu ne te gourais pas, tu penses qu’il suffit à une jolie femme de papillonner des yeux pour que bing ! Ça lui tombe  tout cuit ?

– Eh l’aut’ y joue les difficiles.

– Mais non, c’est pas ça.

– Dis-moi qu’elle ne te plait pas.

– J‘ai pas dis ça !

– T’as pas dis ça ?

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– Non, parce que je ne me suis même pas poser la question. Mes attirances ne se cantonnent pas qu’au physique.

– Meuh ! Je vais te croire…Tu sais qu’elle pose pour des magazines de mode ?

– Ravi de l’apprendre. Elle est pas un peu trop petite ?

– Elle est tellement bien proportionnée que ca ne se voit même pas. Et toi non plus t’est pas très grand.

– Mais moi, je pose pas dans des magazines.

– Tu pourrais.

– Non, toi Charly tu pourrais, pas moi.

– Donc elle ne t’attire pas ?

– Avec une comédienne, surtout quand elle a du talent, et ça semblerais être le cas, on ne sait plus si elle est sincère ou si elle joue un rôle à la perfection. Et c’est pas facile d’être le centre de ce doute.

– Ca sent le vécu.

– T’as du être chien de chasse dans une autre vie.

– Donc, elle ne t’attire pas ?

–…

– Réponse ?

 

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 Laisse tomber ! En plus j’ai plus le temps, faut que j’y aille.

Il se leva, salua d’un geste significatif de la main et du bras l’ensemble de de l’assemblée, se dirigea vers la porte, récupéra son blouson en vrac sous un monticule de mentaux, et s’apprêtait à tourner la poignée de la porte quand une main légère se posa sur son épaule.

– Tu t’en vas ?

Lourde hésitation avant de se retourner.

– Ben oui, je suis désolé, mais je bosse de bonne heure.

– On te revoit ?

– Heu !... Oui, (surprise et hésitation) mais je ne sais pas quand.

– Demain ?

– Demain !?

–  Demain c’est vendredi. Samedi tu ne travailles pas. Tu peux donc veiller tard? Non ?

– Si. Samedi  je travaille. Mais seulement à partir de 7 heures enfin 19h pour être précis. Je sers dans un resto jusqu’à 22, 23 heures ça dépend de l’affluence.

– Donc, demain vendredi, c’est chez moi, enfin chez mes parents, mais ils seront partis à Deauville… et c’est moi qui fait la cuisine… et le service.

– Tu cuisines ?

– J’adore.

– Et tu auras assez d’assiettes pour tout ce monde ?

– Oui ! Mais ça ne sera pas utile. On sera en  plus petit comité.

– Ha ?...Et c’est où chez toi/ Chez tes parents ?

– Je t’ai tout noté.

Pour preuve, elle lui  secoua sous le nez une feuille de papier à petits carreaux arrachée à la va vite dans un carnet à spirales écrite de sa main à l’encre bleue, et avant qu’il ne s’en saisisse, comme s’ils jouaient à ; tu l’auras/tu l’auras pas, la glissa subrepticement dans la contre poche de son blouson.

Aidée d’un sourire et d’un regard suppliants  irrésistibles, elle  frôla   sa poitrine, et la tapota  à hauteur de la dites contre poche,  pour s’assurer et se rassurer de la présence de sa précieuse feuille de route. Dans la foulée, le regard éclairé d’un malicieux sourire, elle l’embrassa bruyamment sur la joue, puis disparut l’air satisfaite, en sursautant d’un pied sur l’autre, sans se retourner, en lui adressant des gestes d’aurevoir au-dessus de sa tête, ses mains et ses doigts  en forme de marionnettes tournant sur elles-mêmes.

 

Sam poussa la lourde porte d’entrée, la referma derrière lui,  termina d’enfiler son blouson en s’engageant sur le palier, et eu l’étrange  sensation de descendre les escaliers sans toucher les marches.

 

……………………………

 

Soirée chez Nath

 

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Apres un court sommeil
, la matinée qui suivit, dans les sous-sols sombres et froids des archives de la caisse de retraite, aurait pu lui paraitre interminable. Mais au contraire, quand midi sonna, surtout pour lui rappeler, en plus de son horloge biologique indéréglable,  l’ouverture du restaurant d’entreprise qui n’avait rien à envier à une cantine scolaire, il commença à rejoindre la réalité.

 

 Une réalité en flottaison sur des nuages ouateux. Il était là mais toujours un peu ailleurs. Et face à ce plateau chargé, qui  constituait le plus souvent son unique repas quotidien, qu'il émergea  en partie de cet état second, et encore pas totalement. Ce n’est qu’en fin d’après-midi, quand après une douche, alors qu'il  s’observait en détail dans le miroir de sa salle de bain, tout en jouant les culturistes dans la contraction du moindre muscle, qu’il se sourit, se grimaça et s’interrogea à haute voix sur l’effet bizarre que cette fille avait produit sur lui. 

 

Bien plus tard, à l’heure et à l’adresse du rendez-vous indiquée sur la petite feuille, Sam, et Charles qui le suivait de peu, s’attendirent devant l’entrée pour appuyer de concert sur le bouton de la sonnerie, où dans un éclat de rire, leurs doigts se chevauchèrent, avant d’entendre par l’interphone, simultanément à l’ouverture de la porte : « Deuxième étage ! ».

 

Deux étages qu’ils gravirent dans une course effrénée de gamins par les escaliers, en s’aidant de la rampe comme d’une corde d’alpiniste. Dès la porte palière déjà ouverte  franchie,  même pas essoufflé, Sam se délesta de son bouquet de fleurs avant d’embrasser Nath. Charles, habitué  des lieux, se proposa, après un baiser soufflé dans le creux de sa main en direction du visage de Nath, de déposer sa bouteilles de vin directement dans la cuisine.

 

Pendant que Sam retirait son blouson en fixant ses pieds comme s’il les découvrait, Nath ne le quittait pas des yeux. Ce traçage  au laser dura  jusqu’à ce qu’il relève la tête et que leurs regards se croisent, ou plutôt se soudent. Là, les yeux dans les yeux, l’air sévère et doux à la fois, elle avait beau essayer d’accepter la réalité,  elle n’en revenait toujours pas. Comment pouvait-elle réaliser  qu’il ait répondu présent à son invitation. Et lui, se demandait par quel miracle il était devant elle.  Elle, qu’il avait l’impression de ne pas avoir quittée depuis  la veille.

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Sous l’influence du regard  et du rougeoiement de la  peau de l’autre dans un effet miroir, leurs visages en sourires retenus, qui ne trouvaient plus d’expressions adaptées à la situation, passèrent du doux au tendre et en même temps, de l’intimidation à la joie simple d’un bonheur innommable.

Les mains de Nath, comme deux oiseaux incontrôlables, se posèrent sur chaque épaule de Sam puis glissèrent en nage simultanée le long de ses bras ballants et arrêtèrent net  leurs caresses/glissades en s’accrochant au-dessus  de ses mains avant que leurs doigts ne s’entrelacent, qu’ils les emprisonnent et ne les ramènent en boule devant leurs lèvres pour un chaud baiser simultané.

 

Debout sur leur nuage, leurs cœur fusionnant à travers la chaleur de leurs lèvres à quelques millimètres, leur longue discussion sans mots, aurait pu encore se prolonger longtemps  si Nath n’avait, en un geste et quatre mots, rompu le rêve et déchiré le doux cocon dans lequel ils s’étaient lovés.

– Faut qu’on les rejoigne !

Après un demi-tour glissé en pas de danse, elle se saisit de son bras et l’entraina vers un salon où déjà six invités avaient pris place et discutaient bruyamment.

 

Elle lui avait affirmé qu’elle cuisinait et qu’elle adorait ça. Il ne savait pas pourquoi ce savoir-faire et le plaisir qu’elle avait dit en retirer le ravissait. Mais il avait un doute. Et la fondue savoyarde qu’elle offrit ce soir-là,  justifiée par le plaisir de se retrouver tous autour de la table sans contraintes, confirma en partie ses doutes.

 

Si la soirée bonne enfant se déroula sous les meilleurs auspices, la présence et la proximité pesante du « Faux Ché » en permanence autour de Nath eu tendance à l’agacer. L’agacer au point qu’en fin de soirée il s’éclipsa dans les premiers.

La porte de l’immeuble à peine franchie, il fut rejoint sur le trottoir par Charles qui n’était pas dupe de  son faux prétexte.

– Alors, t’as mal à la tête ?

–….

– Tu serais pas plutôt un poil jaloux de l’autre grand barbu ?

– Jaloux ?

– Oui… jaloux

– Pourquoi jaloux ? Y’a quelque chose entre Nath et le « «Faux Ché» ?

– Y’aurait pu !

– Y’aurait pu ?

– Y’aurait pu avant que tu te pointes.

– Qu’est-ce que j’ai à voir là-dedans ?

– Tout !

– Il la drague comme un malade pendant des semaines et hier soir, après que tu sois parti, elle lui a dit qu’elle aimerait qu’il lui lâche les basquets.

– Waouh !

– Et en plus… elle lui a balancé sur un ton a bien planter le clou, qu’il n’était vraiment pas son type de mec et surtout, qu’elle n’était pas libre.

– Et comment tu sais tout ça ?

– Parce qu’ils étaient dans la cuisine. Qu’ils parlaient fort. Et que dans ces apparts à hauts plafonds ça résonne et on  entend tout !

– Elle est pas libre ?

– Officiellement  si ! Elle est libre. Mais officieusement, d’après ce qu’elle lui a dit : Non !

– Ha ?

– Eh, Polo ! Tu le fais exprès ou tu carbures au diesel.

– Non, mais pour l’instant… il s’est rien passé entre elle et moi.

– Ah bon ?! Pour qui a suivi vos échanges de regards on peut en douter !

– Nos échanges de regards ? Ça veut rien dire nos échanges de regards.

– Ca veut rien dire, mais le «Faux Ché» comme tu le surnommes, il les a remarqués et plus que remarqués vos regards qui ne veulent rien dire. Et puis réfléchis ;  il a passé des semaines à ramer sur le sable et au final il se  prend une veste. Et toi, en une heure, tu fais rien pour, et  elle t’invite à la rejoindre le lendemain.  Et ce soir, dès que tu es arrivé…si elle avait pu te dévorer… Reconnais que c’est injuste ! Mais c’est l’amour. L’Amour se raconte mais ne s’explique pas.

– Mais elle l’a invité aussi malgré tout.

– Non ! Elle ne l’a pas invité. C’est un comédien et aussi le chauffeur du metteur en scène. Elle ne peut pas inviter l’un sans l’autre.

– Ha ! Parce que le metteur en scène a un chauffeur ? La classe !

– Il a surtout plus de permis. Alors en attendant…

– D’accoooord !  Je comprends mieux. J’avais cru qu’il était blindé le metteur en scène.

– Il est blindé. L’hôtel particulier, le théâtre où l’on répétait, plus quelques apparts à la montagne, une villa à Saint Trop ou juste à côté, une petite société  de production et quelques broutilles du même acabit. Comme tu dis : il est blindé !

– ….

– Blindé ou pas, ça reste un type gentil, abordable, simple et  passionné.

– Et il est pas attiré par Nath !

– Pas du tout !

– Ha !

– Ceci dit, fais gaffe. Il pourrait être attiré par toi.

– Ha !

Charles, les mains dans les poches, le visage articulé d’une foule de grimaces et de mimiques qui résumaient la situation avec humour, tout en marchant, jonglait du dessus du pied avec une canette de bière en alu  vide, abandonnée sur la chaussée. Après quelques passes d’un pied à l’autre sans qu’elle ne touche le sol, il l’envoya d’un shoot, à la précision remarquable, frapper bruyamment   l’intérieur du  couvercle ouvert  d’une poubelle d’où par ricochet, elle atterrit dans le bac. Sam l’applaudit.

– Waouh ! T’as fait billard …et foot dans le même club ?

–  Coup de chance.

Si cet intermède avait fissuré la glace, il n’était pas parvenu  vraiment à la briser et à rapprocher les deux amis. Néanmoins Charles osa surenchérir :

– Bon Sam, sois franc. Pourquoi t’es parti si vite ?

– Si vite, si vite, t’as vu l’heure ? Encore un quart d’heure et on loupe le dernier métro !

– Non, j’y crois pas. C’est pas possible. T’as un ticket d’enfer avec une des plus belles filles du monde et tu te préoccupes du dernier métro ? Non ! Là y’a un truc qui m’échappe.

– D’abord, c’est pas la plus belle fille du monde. Et puis…

– Et puis ?

– Et puis…

– Et puis ?

– Et puis tu m’emmerdes ! T’es flic ou quoi ? C’est un interrogatoire ?

La mine renfrogné, Sam accéléra le pas avant de s’arrêter net, la tête dans les épaules, dos à Charles.

– Tu veux que je te dise ?

– Oui ! Dis-moi.

– C’est comme si j’allais gagner une Ferrari.

– Une Ferrari ?

– Oui, une Ferrari ! C’est beau une Ferrari. On en rêve d’une Ferrari. Mais dans ma situation actuelle une Ferrari,  c’est pas ma bagnole idéale.

– Et c’est quoi la voiture qu’il te faut ?

– Une citadine ! Une toute petite citadine. Et encore même pas. J’en n’ai même pas vraiment  besoin. Je marche très bien  à pied et je prends les transports en commun.

– Tu compares une femme comme Nath à une voiture ?

– Non ! À une Ferrari

– Même…T’as de drôle de comparaisons.

– Je ne compare pas. C’était juste une image.

– Alors ? Qu’est-ce que tu vas faire avec ta Ferrari?

– J’en sais rien. Le mieux c’est peut-être de ne plus la revoir pour ne pas être tenté.

Charles leva les yeux au ciel en se frappant le front du plat de la main.

– Ce mec est barge ! Tu veux que je te dise? Tu vas la faire souffrir et toi aussi tu vas souffrir, terriblement souffrir. D’ailleurs, je te donne pas trois jours pour que tu reviennes sur cette décision à la con. Ou alors ; t’es vraiment barge de chez barge.

– Tu crois ?

– Si tu laisses la place vide et que pour se venger, ou par dépit, elle cède à l’autre abruti de grand barbu, tu vas te manger les doigts jusqu’au coude.

– Tant qu’ça ?

– Tu sais que je la connais bien moi, la Nathalie et depuis longtemps. Eh bien, je ne l’ai jamais vu avec quelqu’un. Je

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veux dire sérieusement avec quelqu’un. J’ai vu des quantités de prétendants lui voler autour, et pas des plus moches, tu peux me croire,  mais aucun…. Bon j’te fais pas un dessin. Mais surtout,  je ne l’ai jamais vu réagir comme elle a régit avec toi.

– Justement, c’est ça qui… en quelques secondes j’ai ressenti tellement de chose et…

– Et ça t’a fait peur ?

– Peut-être. Quand j’ai décidé de monter à Paris. « Monter à Paris »  l’expression me fait toujours  sourire mais j’en trouve pas d’autres qui soient plus expressives,  j’avais un but. Même plusieurs buts. Et pour les atteindre, je savais qu’il fallait que je sois seul.

– Mais c’est pas un boulet Nath.

– Non, c’est vrai, Nath c’est pas un boulet, mais l’amour oui !

– Pourtant je t’ai déjà vu en charmantes compagnies.

– Peut-être, mais rien de sérieux.

– C’était l’amour sans amour.

– C’est un peu résumé, mais on n’est pas loin.

– Donc, l’Amour avec un grand A ! T’en veux pas ! Et t’as peur qu’avec Nath…

– En gros c’est ça.

– Sauf que des Nath, réfléchis bien, tu vas pas en croiser tous les matins.

– Je reconnais.

 

Ainsi Va la Vie....

Williams Franceschi 

 

 

 

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08/12/2023
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