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Ainsi Va la Vie… épisode n°298… Une journée au festival d’Avignon 2023

 

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J’adore l’ambiance du festival d’Avignon même si, au-delà de son prestige, je suis convaincu que le nombre de pièces est excessif et que l’investissement financier pour quantité de compagnies, quand il ne s’agit pas d’artistes seuls,  est sans communes mesures avec les retours escomptés. L’espoir fait vivre mais dans ce miroir aux alouettes qui nourrit-il le mieux ? Bon, c’est juste mon avis… Et malgré cet avis, j’y vais. Peut-être parce que j’aime d’abord profondément les artistes  en toutes circonstances.

 

Donc, vendredi matin, direction Avignon. Pas besoin de faire une révision complète de la voiture, j’habite à une heure environ. Premier arrêt en entrant dans la cité des papes ; l’hôtel Novotel. Aucun rapport ou presque avec le festival, mais si vous voulez que je vous raconte mon périple, je vous raconte tout ! Où… ok ! Alors je continue.

 

Donc, arrêt au Novotel juste pour saluer en coup de vent et entre deux portes Catherine Panattoni la cheffe d’orchestre de ce lieu magique que j’investis chaque année ou presque pour le festival du livre « L’autre Festival ». Une profonde et sincère amitié s’est tissée entre Catherine et moi au fil du temps. Et si je la cite, c’est que je n’oublie jamais les gens que j’aime. Et je vais même confirmer par écrit un doux aveu. En la voyant évoluer, et pour mille autres raisons, elle est exactement la fille que j’aurais rêvé d’avoir... Mais j’ai un fils et je l’adore.

 

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11h première pièce. Un Stand-up ou un One, comme on dit aujourd’hui, ou encore un seul en scène comme on disait en français d’avant. Ce  One c’est « IRRESISTIBLE » le premier de Julie MARIE.

Avec mon ami Pierre, à qui je voulais faire partager les spectacles auxquels j’étais convié et surtout lui faire découvrir  la face cachée au public en général, qu’est l’après spectacles avec les artistes, tout en abusant en contrepartie de ses qualités de photographe. Donc, avec l’ami Pierre, nous étions arrivés légèrement en avance. Le mieux, avec cette chaleur accablante, était d’aller attendre sagement à l’ombre de la terrasse du café le plus proche  devant un rafraichissement.

 

Les boissons pétillaient dans leurs glaçons en décomposition, tandis que l’obsédante horloge murale inspirée des horloges de gare, nous indiquait du bout de ses aiguilles 10h40. Nous avions le temps. Sauf que… voilà que,  la première personne de mes connaissances que je croisais, à ma plus grande surprise, et avec qui j’engageais une mini discussion en gardant un œil  sur la pendule, c'était Nathalie Mann.

 

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Elle triomphe dans la pièce Danton Robespierre au théâtre du roi René. La pièce a reçue de la presse un accueil dithyrambique largement mérité, plus, et c’est un énorme plus, le coup de cœur de France Info. J’ai déjà vu la pièce, elle n’est pas dans mon planning du jour mais cette rencontre va me permettre d’en glisser quelques mots dans cette chronique. Les échanges avec Nathalie pourraient durer la journée tant nous sommes passionnément passionnés…

 

Mais les aiguilles de la pendule ne faisant pas relâche en cette heure de pointe, nous quittons notre table dans une vague précipitation sans terminer nos verres, pour arriver légèrement essoufflés devant la porte du théâtre La marelle des teinturiers. Porte métallique et blindée! Mais surtout,  porte hermétiquement fermée.

 

Après 10 minutes de palabres entre la billetterie et le régisseur, enfin la porte s’entrouvre, et Michel Tabo, le metteur en scène et ami, vient nous accueillir. Ouf ! C’est la première fois  de ma vie que j’arrive en retard à un spectacle! Je ne pourrais plus le dire. La pièce a déjà débuté, je me suis fait remarqué, je suis écarlate de honte. Décidément ça commence mal.  Mais Julie MARIE dans sa robe rouge, professionnelle, et imperturbable en apparence, me fait presque oublier mon faux pas qui devient une anecdote,  que j’ose vous avouer avec des mea-culpa plein la poitrine.

 

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En quelques secondes, et c’est là, la magie du théâtre, on est dans l’ambiance. Julie MARIE se démène. Elle a écrit et joue sur une mise en scène de son complice Michel Tabo ce seule en scène : IRRESISTIBLE c’est le titre et L’amour avec un grand C : c’est le sous-titre d’un sujet qui se conjugue à l’horizontale en général et l’emmène a le disserter entre humour, sérieux et espièglerie au-dessous de la taille en jouant de finesses et sans vulgarité. L’exercice n’est pas facile, pas facile du tout. En plus c’est une première… et pour une première, malgré un trac palpable, Julie MARIE s’en sort particulièrement bien. Plus important encore, le public adhère. Et là, je ne vous apprendrais rien : le public a toujours raison.

 

Après la pièce, nous nous retrouvons, Julie, Michel, Pierre et moi  à quelques encablures à l’ombre de grands arbres. En principe juste pour une mini interview et quelques photos, mais Julie est avide de connaitre mon ressenti et tout le reste, ce qui pousse notre réunion  à très rapidement virer au débriefing. Débriefing sympathique et constructif où se mêlent rires et souvenirs, devant des boissons fraiches et quelques encas. Encas, qui comme dirait l’ami Pierre Perret, étaient aussi généreux que la retraite des vieux et le tout à des prix à surtout éviter de traduire machinalement en francs.

 

Après ce break, qui nous laisse sur notre faim...nous voilà partis sous une chaleur accablante, malgré l’ombre et les courants d’air de certaines ruelles vers l’Atipik théâtre. Pour  découvrir : Paris-Varsovie

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Cela faisait trois fois, bien avant le festival, qu’Ewunia m’avait invité à assister à sa prestation et à celle de son pianiste Yves Dupuis. Mais à chaque fois… je n’étais pas disponible. Devant tant d’insistance…  Je lui avais promis ! Et chose promise…

 

Aujourd’hui, j’étais enfin assis dans cette salleEt après quelques jeux de lumière… Son mélange de traductions de chansons françaises en polonais et de chansons polonaises en français nous entrainait dans un climat de cabaret à la fois intime et populaire. Les interventions parlées entre deux mélodies où elle exprime à la fois l’Amour de son pays et celui de de la France sont si légères, et si sincères, qu’on a l’impression qu’elle chante même quand elle parle, tant elle sait jouer de la musicalité des mots.

 

Slave, elle est slave du fond de sa voix jusqu’au bleu de ses yeux.  Ewunia tangue comme elle se définie elle-même entre soleil et mélancolie. Durant cette heure, qui est passée trop vite, beaucoup trop vite, elle nous a fait rire, sourire, et bien sûr elle a poussé l’émotion au paroxysme des larmes. J’ai d’ailleurs vu quelques spectateurs s’essuyer les joues d’un revers de mains discret. Son cœur a deux amours Varsovie et Paris et sa voix, son jeu, sa sincérité nous pénètre et nous soulève.

 

Bravo Ewunia. J’ai passé un moment … Whaouff fabuleux. Et a écouter les commentaires à la sortie je n’étais pas le seul.

Whaouff ! Il y a des onomatopées qui expriment tout en un seul cri, un seul murmure, un seul soupir ! Et là, c’est un cri du cœur auquel de concerts avec mon ami Pierre nous avons rajouté sur les marches de la sortie : J’ai ADORE !... Bravo EWUNIA

 

Après ce show éblouissant, direction… Et sur cette pièce, parce que je crois être un homme gentil et bienveillant,  et bien je ne vous dirais rien. Juste que j’ai perdu un peu plus d’une heure. Mais qu’est-ce qu’une heure à l’échelle d’une vie. Vous dissuader d’y aller, pour peu que je puisse avoir une quelconque influence sur vos choix, serait une seconde perte de temps… Alors !

 

Le temps est passé très vite depuis ce matin, il est déjà l’heure de rejoindre la voiture.

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Après un sandwich sur le pouce, nous attaquons la traversée de la ville en diagonale, et a cent mètres de l’arrivée, au croisement de deux rues, attablé et en discussion, Olivier Lejeune. Il joue   au théâtre Le petit chien « 60 jours de prison » de Sacha Guitry et vue l’heure, il doit être sorti de scène depuis peu. Je le salue de loin puis de plus près… Nous ne nous sommes pas revu depuis… Vous voulez vraiment savoir ?  Là je vais prendre un coup de vieux ; 1974. Souvenir d’une autre vie où je passais juste avant lui et son compère Patrick Green dans un célèbre cabaret parisien… c’est loin, très loin  et c’est rigolo d’évoquer un passé aussi lointain.

 

Hasard des rencontres. En me retournant… Elle est magnifique, je ne l’avais pas revue depuis je sais plus… pas si longtemps que ça!... On se connait peu. Si si je vous assure très peu. C’est Fiona GELIN Sublime Fiona GELIN. Elle a du talent, mais là dans cette rue d’Avignon, elle incarne le charme, la gentillesse… avec une énorme dose de malice. 

 

Après   quelques échanges et une série de photos,  elle m’invite chaleureusement à venir la voir sur scène à la maison de la poésie à 19h30  Elle y lit les poèmes de son père Daniel Gélin.

Pour m’être frotté maintes fois à l’exercice  je peux vous dire qu’il n’y a rien de plus difficile qu’une lecture. J’hésite… son invitation me tente. Mais ce soir… je ne peux vraiment pas. Je n’ai pas prévu de revenir sur Avignon avant la fin du mois mais je ne crois que, rien que pour elle, j’y retournerais. Cette femme, au-delà de la comédienne, a un cœur grand comme une cathédrale.

 

J’avais commencé mon périple rouge de honte et de gêne… je le termine avec Fiona tout aussi coloré mais de bonheur !

Ainsi va la Vie…

 

Williams Franceschi

 

Photos: Pierre Augeire

 

Pub ou conseil de lecture....

 

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10/07/2023
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