Articles et chroniques

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Ainsi Va la Vie… épisode n°224… … Marlène Jobert (suite.)… j'aime observer les gens...Un banc un arbre ou une rue...

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Prétextant une minuscule anecdote
,
dont je viens de m’apercevoir qu’elle frôlait le demi-siècle  et la coïncidence de dates; en l’occurrence le 4 novembre qui marque deux évènements importants de ma vie auxquels s’ajoute, par le plus grand des hasards, l’anniversaire  de Marlène Jobert, samedi, je vous parlais succinctement de cette extraordinaire comédienne.

 

Trop brièvement après analyse. Mais ce n’était pas le sujet du jour même si je voue à cette artiste une admiration toute particulière.

Peut-être, et c'est tout le bonheur de la liberté d'écrire ce genre de chronique sans être tenu de respecter des règles journalistiques strictes, peut-être que ce qui me rapproche plus qu'il n'y parait  de cette femme, ce sont toutes nos ressemblances. Et oui ça vous étonne?  De ces taches de rousseur qui maculaient mon visage d'enfant à m'en donner des complexes à cette éducation plus que spartiate par un père dur que j'admirais mais que je craignais aussi, et je vous passerai sous silence une multitude d'éléments discrètement  communs à nos deux vies,  jusqu' à l'apothéose; cet amour de l'écriture en général et des histoires pour enfants en particulier. Etrange non?

 

Dois-je vous avouer que j’aime et j’ai tout aimé chez Marlène Jobert; son charisme, son charme, son visage, sa silhouette, ses yeux, son regard, ses taches de rousseur, son jeu d’actrice, son intelligence,  sa présence... Oui sa présence. La force d’une présence insoupçonnée de prime abord. Une présence qui empêcha même les plus grands avec qui elle tournera de lui faire de l’ombre.

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Je crois que cette présence émane de sa fragilité apparente. Et d’ailleurs, n’est-ce pas ce côté femme vulnérable capable de rebondir en permanence que nous aimions dans ses rôles?  Et puis, j’allais l’oublier, alors qu’elle est primordiale; il y a cette voix dont étrangement on parle moins que des taches de rouille qui agrémentent   le velin de sa peau, et pourtant quelle voix. Sa couleur, son rythme, son grain, son empreinte qui vous colle à l’oreille et ne la quitte plus  … Oui quelle voix !

 

C’est vrai, dans mon précèdent article, je ne m’étais pas étalé sur tout ce qui a fait que Marlène Jobert est Marlène Jobert et je ne me rattrape pas en posant ces quelques lignes supplémentaires, Il en faudrait tant pour simplement définir  cette actrice qui est à elle seule un personnage entier du cinéma français. Entier et entière, c’est je crois en plus le bon qualificatif.  Il faudrait tant écrire  pour tenter d’approcher la réalité de  la comédienne, de l’auteur, de la femme, de la maman… et aujourd’hui de la grand-mère. Mais au fond le voudrait-elle? Elle qui ne l’a jamais cherché.  Elle, qui a part dans une biographie « Les baisers du soleil »  ne s’est jamais étalée au-delà du minimum obligatoire sur sa vie privée.

 

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Qui a vraiment pu pénétrer dans ses jardins secrets?

J’aurais pu lui consacrer un :   «Il était une fois… Marlène Jobert » comme je l’ai fait pour Mylène Demongeot, Evelyne Dress et quelques autres…

Mais, à bien y réfléchir... si j’en restais à la magie de ma traversée sous la pluie,  juste elle et moi, sous un parapluie trop petit,  le temps d’un feu rouge et d’un extraordinaire échange de regards ?…

(Ainsi Va la vie épisode  n°223)

 

 Elle vient d’avoir… quatre fois vingt ans … et incroyable ; elle n’a rien perdu ni de sa vivacité d’esprit  ni de son charme.

 

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Une amie comédienne   qui adore mes petites histoires, me disais gentiment, avec dans les yeux un pétillement gourmand et admiratif : « C’est étonnant  tout ce que tu as vécu, je t’envie... »

Et la romancière Joëlle Vincent m’écrivait : "Tes chroniques me rappellent une chanson de Brassens  qui parle comme tu le fais si bien de ces quarts de secondes magiques où un regard étire le temps à l’infini par l’intensité de l’émotion qu’il transporte. Comme un cinéaste le fait dans ses images, tu retiens dans tes mots ces laps de temps aussi éternels qu’éphémères".

  

Merci! C'est flatteur, mon ego se gonfle d'orgueil!...  et elles ont raison toutes les deux. En réalité avec un évènement sans importance comme cette traversée d’une route sous un parapluie… avec Marlène d’accord, mais qui reste néanmoins une simple traversée sous la pluie, pas l’ascension du Kilimandjaro en tongs; je vous en ai fait quatre pages et j’aurais pu, en jouant sur des détails, vous en en faire une ou deux  de plus, rien que pour le plaisir de trainer un peu ensemble. Et oui j’aime bien trainer avec vous quand je vous sens captifs… captifs, intéressés et sensibles. Et comme je devine que c’est un plaisir partagé; pourquoi s’en priver ?

 

Au fond, en dehors d’avoir eu une vie bien remplie et donc quelques bricoles à vous raconter, je fais juste attention aux films qui se tournent et se jouent tout autour de moi en permanence. Et je ne fais que rapporter et développer ce que je vois et ce que j’ai vu même quand le scénario peu paraitre banal et anodin.

   

J’aime observer les gens  qui m’entourent comme ceux qui passent et que je ne connais pas. J’aime écouter les gestes qui ponctuent leurs phrases et lire ce qu’ils apportent que les mots n’auraient pas aussi bien traduit.

 

J’aime lire tous ces plus qui s’écrivent dans de minuscules grimaces, juste un pli entre le menton et la lèvre inférieure, un fil au bord de l’œil qui rajoute du champ au champ  d’un regard où l’affine selon les raisons de l’expression.  Un rouge à lèvre qu’elle a soigneusement tracé, elle qui n’en porte pas systématiquement. Ce décolleté, cette chemise… cette robe plus courte... cette main pour ordonner ses cheveux qui n’en avaient pas besoin. Cette place à table qu’elle prend comme s’il n’y en avait pas eu d’autres de libres…

 

Et tous ces moins qu’on retient, freine, ou emprisonne. Ces retenues parfois tellement difficiles à camoufler. Ces larmes qui remplissent et ourlent  la paupière inferieure et pourtant n’en déborderons pas. Et ces mêmes larmes qui finissent leur course, absorbées par le tissu d’une manche dans la grâce discrète d’un revers de main que personne n’aurait dû remarquer.   

 …. J’aime lire dans les rictus d’un visage même quand ils ne sont que juste effleurés. Lire sur un visage ou dans la lumière d’un regard de simples phrases ou de longs chapitres plus ou moins bien écrits.  Lire dans un sourire des sentiments  que personne ne semble voir et  qui ne m’échappent pas  entre contrainte et convenance, parfois en pudeur, en réserve ou en tristesse non dévoilée alors qu’ils devraient éclater.

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J’aime aussi deviner le mensonge qui apparait comme une évidence à mes yeux et par mes silences ; laisser croire que j’y crois.

 

J’aime deviner avant qu’on ne m’en parle toutes ces choses dont on voudrait que je soit le témoin ou le confident . Deviner  entre autre  la force d’un amour qu’ils voulaient cacher par crainte qu’il soit trop tôt. Un amour quelle vient m'avouer comme si je devais être le premier à savoir alors que je savais déjà...

 

Parler m’est souvent plus difficile qu’il n’y parait et c’est certainement pour ça que j’écris. Mais écouter, jusqu’au murmure d’un soupir ; ça je sais faire….

 

Je voulais, mais j’ai bien peur d’alourdir ma chronique en l’allongeant,  je voulais aussi  vous parler de lieux qui nous ont marqués, comme si je reprenais à mon compte  la chanson de Séverine « Un banc un arbre et une rue »… une enfance trop brève ou ;  « Il y a toujours un coin qui me rappelle » de l’ami Eddy…

Ces lieux magiques, plus magiques d’ailleurs  pour nous que pour les autres, qui nous suivent souvent par compassion dans nos pèlerinages.

 

Oui ça va rallonger ; alors on en parlera une autre fois de ces lieux que l’on retraverse en espérant parfois, y croiser  un visage connu, ou par miracle, le visage, même vieillissant,  d’un amour qui aura marqué un rendez-vous manqué.

 

Ainsi va la vie….

 

Williams Franceschi  

 

Photos: 

 

 

 

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13/11/2020
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