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Ainsi Va la Vie... épisode n°169 ... QUAND LES AMANTS SE SÉPARENT

HELIK-couverture.jpgUn seul être vous manque et tout est dépeuplé. Si depuis le départ de Lucie Sam avait été très entouré l’adage se confirmait néanmoins. Amis, copains, parents ne manquaient pas. Presque plus qu’avant lui semblait-il. Presque trop. Non ils n’étaient pas plus nombreux ils en donnaient simplement l’impression.Une impression oppressante. Oppressante par leur présence inutile. On ne comble pas un vide par une prolifération d’autres vides.

 

Lui qui les avait tant aimés et les aimait encore  s’en lassait. Il les entendait vaguement mais ne les écoutait plus. Il n’espérait qu’une chose ; être seul. Par politesse et pour ne froisser personne ; il les supportait feignant par un mot, un geste, une mimique de partager encore ce plaisir de se voir, de discuter, d’échanger. Cette chaleur humaine qu’ils lui offraient avec une sincérité évidente il la recevait avec une tiédeur affligeante et pourtant sans rien laisser transparaître, c’est du moins ce qu’il espérait.

 

Etre seul ! N’avoir à répondre à aucune question. Ne se poser aucun problème direct ou par procuration. Etre seul pour arrêter d’être faussement présent face à des gens qu’il ne voyait même plus tant à ses yeux ils étaient devenus transparents. Etre seul pour arrêter de jouer un rôle, son propre rôle, dans la peau de ce personnage qu’il était encore hier et plus du tout aujourd’hui.

Etre seul par envie par besoin. Ne plus se sentir obligé de faire semblant.

Non personne ou très peu dans son entourage  n’était au courant du départ de Lucie. Elle n’était pas morte, il n’était pas en deuil, pourtant ça y ressemblait.

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Ils avaient vécu un amour secret. Une double vie par obligation pour ne faire de mal à personne. Mais cette raison qu’ils invoquaient n’était qu’un simple prétexte pour ne pas avouer, peut-être par pudeur,  le plaisir du danger et les sensations du risque. Le secret de leur amour rajoutait du piment à une vie monotone  et de l’adrénaline à la routine.

 

Avant elle, il avait eu une vie amoureuse à la fois bien rangée et parfaitement  décousue. Avant lui elle avait eu une vie sentimentale difficile mais bien  dans les rails, les règles, et le bien penser. Elle n’aurait jamais imaginé un quart de seconde qu’elle puisse devenir un jour une maîtresse, la maîtresse et  pire ; aimer ça.

 

Et ce qui n’aurait dû n’être qu’une aventure légère sans lendemains et sans conséquences devint très vite une liaison avec ses retrouvailles régulières, ce temps compté dont il faut profiter au maximum, cette découverte permanente,  ses pics d’adrénaline, ses jeux érotiques qu’ils n’auraient peut-être jamais essayés ailleurs et avant, cette impression de jouer avec le feu et de découvrir l’Amour majuscule. Même si sur le côté cruel de la balance  chaque séparation était vécue comme une déchirure même en sachant qu’elle n’était que provisoire. 

  

Mais maintenant, Sans elle, les mots de nombres de chansons qu’il avait écoutées d’une oreille discrète remontaient  et lui traversaient le cœur avec une terrible résonance. Et cette phrase qu’il avait maintes fois citée : « Il faut avoir vécu pour comprendre » prenait plus que jamais tout son sens. 

 

Plus son cœur se serrait ; plus il se refermait sur lui-même.  Si l’absence de Lucie lui pesait ; étrangement la solitude le libérait.

Lui si loquace ne parlait plus. Il ne mangeait plus, mal ou trop peu et ne dormait que par tranches de sommeil léger où contrairement à ce qu’on aurait pu croire, après des mois il ne pensait pas, il ne pensait plus, il ne pensait même pas à elle. Apres des mois son image qui avait occupé tout l’espace ne venait plus se plaquer dans l’ombre de ses paupières fermées ni même dans le flou Hamiltonien de ses rêves éveillés. Apres des mois il vivait ce départ et cette séparation comme une fatalité.

 

Il avait dépassé la tristesse et sa cicatrice profonde ne le brûlait plus. La blessure avait été si grave que son corps tout entier nageait maintenant dans un coma léthargique. Était-il devenu son propre fantôme ?

Après le froid paralysant de la désespérance aucun vent chaud ne semblait désormais pouvoir réanimer son cœur d’une quelconque émotion amoureuse.

Il était devenu un autre homme, qui vu de l’extérieur, fonctionnait en tout point comme le précèdent habillé de ce corps sans réveiller son esprit.

 

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Y avait-il une sortie de ce tunnel ? Peut-être. Mais avait-il  pour l’instant envie ou besoin de la trouver et surtout de l’emprunter ?

Quand l’amour a eu la force d’un ouragan son chagrin est aussi destructeur qu’un tsunami.

 

Il fallait attendre. Attendre que le temps passe et fasse son œuvre. Et comme prévu ; les jours, les mois, les années devaient adoucir la rugosité de la douleur et ce fut le cas. Mais le temps ne ramena pas l’homme à redevenir lui-même et le fossé à se combler.

 

Et puis un jour… la magie d’un regard, d’un sourire, d’une voix… La magie.

Et puis malgré l’attirance réciproque qui aurait pu se confondre avec un coup de foudre ; la crainte, la peur, l’angoisse dressèrent en s’amalgament un mur infranchissable.

Néanmoins, il y crut… pensa que… Mais l’homme si fort, qui en d’autres temps aurait pulvérisé cet obstacle ne s’en  donna ni les moyens ni la puissance. Et le silence, terrible silence l’habilla à nouveau.

 

 

Mais, car la vie est un succession de "mais" et de "si"; si j'ai, comme beaucoup, aimé; ... et la mer efface sur le sable les pas de amants désunis, j'avais écrit une chanson qui disait: Y'a toujours un soleil qui brille. Toujours une chance qui passe. Et quelqu'un dans une autre ville. Tout seul devant sa tasse. Et parce que l'Amour à toujours raison un jour le coeur de Sam ressenti par un doux matin la chaleur de ce soleil le caresser. C'est ça aussi la magie de la vie, garder l'espoir et sa petite flamme, même vacillante,  toujours allumée.

 

Ainsi va la vie...

 

Williams Franceschi

 

 

 

Conseil de la semaine et Coup de COEUR!

 

La femme qui voit de l'autre côté du miroir

 

Catherine Grangeard  Daphnée Leportois

  

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C'est un roman et comme tout bon roman on y croit. D'ailleurs tout est vrai!  La fluidité de l'écriture vous emporte, vous entraîne vous pousse à tourner les pages avide de savoir...parce que le sujet n'est pas un prétexte racoleur. Que vous ayez des problèmes de poids ou pas ce récit vous passionnera. 

 

Lucie fête ses 25 ans en famille. Comme d'habitude, sa mère n'a pas prévu de gâteau : le poids de Lucie la range, selon les médecins, dans la catégorie des obésités modérées. Lucie a trente kilos en trop. Trente kilos dont ni le sport ni les régimes ne sont jamais venus à bout... Quand elle fait le bilan de ses efforts, Lucie se dit qu'elle a le choix entre : 1. Avoir faim non-stop tout en faisant du sport à outrance. 3. Continuer de grossir et mourir d'un infarctus trop jeune. A la table familiale, elle fait une déclaration tranchante : pour son anniversaire, elle va s'offrir une chirurgie bariatrique. ...

 

 Catherine Grangeard   Daphnée Leportois    .......   Editions Eyrolles

 

 

 

 

 

 

 

 



15/09/2019
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