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Ainsi Va la Vie… épisode n° 261… Elle n’a rien… d’exceptionnel !

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Elle l’avait regardé la regarder, puis, elle l’avait surpris lui sourire.
Un sourire léger en appui sur un regard faussement furtif par en dessous. Un regard lumineux en cinémascope autour du masque des yeux dans la  clarté ambre et chaude des bougies réparties sur les tables de la soirée. 
Un sourire et un regard presque cachés ou un rien dissimulé dans les jeux d’ombres  avec pourtant la vive envie de jouer avec le feu au risque de s’y bruler. Un regard et un sourire, plein de finesse,  chargée de sous-entendus secrets et discrets.

 

Elle n’a rien… d’exceptionnel ! C’est ce qu’il  a failli lâcher, l’air un tantinet  méprisant, quand elle  lui  a demandé ce qu’il lui trouvait en essayant en vain d’amenuiser la contrariété qui irisait son visage et son regard terne, perdu vers le sol. Alors, il s’est discrètement mordu la lèvre avant d’enchainer par  la phalange de son index replié contre sa bouche en la regardant; d’abord indirectement avant de la fixer du coin de l’œil puis de baisser les yeux pour que son regard vif l’agresse moins. Morsure discrète, mais a s’en faire mal. Douleur sans broncher, sans rien montrer, en gardant tout à l’intérieur et en maitrisant cette micro souffrance-rempart, qui l’empêchait de baver cette affirmation mensongère : « Elle n’a rien d’exceptionnel ».

 

Elle, sur ses gardes,  cherchait à ne pas perdre ce qu’elle n’avait pas encore vraiment réussi à gagner. L’autre, indolente, aurait pu jouer de la présence de son charme au-delà du raisonnable. Aurait pu, mais su s’en abstenir. Ce qui lui prouva qu’en plus, elle était intelligente.

 

Rien d’exceptionnel ! C’est ce qu’elle aurait voulu qu’il dise. Qu’elle aurait aimé qu’il pense. Et à bien y réfléchir, pour peu que le cerveau en cet instant particulier ait eu l’opportunité de conjuguer au présent  réellement le verbe réfléchir, c’est vrai qu’elle n’avait rien d’exceptionnel. En effet rien, puisque qu’elle avait tout. Tout ou presque des hanches à la poitrine, de la démarche à la silhouette, de la couleur des yeux à la blancheur de l’email de son sourire dans l’ombre ou la lumière, de sa coiffure à l’ourlet pulpeux  de ses lèvres. Physiquement tout ! Elle cumulait tout ou presque  de l’archétype même de la femme telle que les publicitaires l’idéalisent dans les magazines et sur lesquelles les hommes se retournent.

 

Pourquoi une femme aussi belle regardait-elle un mec comme lui? Une question qu'il ne  pouvait s’empêcher de se répéter en boucle. Et pourquoi?  Et pourquoi, flatté par la situation, n’avait-il pas sauté à pieds joints dans ce rêve en papier glacé. Oui, elle avait tout de particulier, de différent, de spécial, de plus, de moins, ébloui; il n’en savait plus rien. D’ailleurs à bien y regarder tout chez elle n’était pas si parfait.  Et c’est même ces marques du temps, ces cicatrices de la vie, ces souvenirs de périodes difficiles sculptés dans sa peau qui lui plaisait. Elle ne les cachait pas, bien au contraire et ça n’enlevait rien à la force du charme qu’elle dégageait ca en rejoutait même une dose sulfureuse.

 

Sur une douce grimace impénétrable, il s’en éloigna sans que son visage en filigrane ne quitte l’écran intérieur de ses paupières. Il se rapprocha, à passer son  bras autour de la taille de celle qui l’accompagnait. Ces sourires réciproques et ces simples regards avaient-ils rompu quelque chose ?

   

Position délicate entre l’envie et le désir. L’envie de ne blesser personne et le désir de répondre aux « pourquoi » de cette attirance. Mais quelle attirance? La sienne ? Ou celle de cette créature sortie d’un rêve aux effluves sensuels baignés d’érotisme. Non si rien ne les avait retenus,  leur attirance ne les aurait  pas entrainés  à jouer au  scrabble, à  trier des lentilles ou à se contenter d’une bise sur le pas d’une porte s'il avait du  la raccompagner. Certaines vous jouerons les vierges effarouchées ou certains... A moins, qu'il ne faille pas toujours se fier aux apparences.

 

Pour l’instant, il était venu, accompagné par une ravissante brune aux yeux clairs dont il se demandait si elle était jalouse ou simplement possessive. Leur histoire n’en était qu’à  ses balbutiements. Il s’entendait bien, très bien et sur tous les plans lui avait-elle avoué des larmes dans les yeux un soir ou justement le cocon de bonheur qui les entourait l’avait fait craquer. Craquer, parce qu’elle se sentait si bien avec lui qu’elle n’y croyait pas. Son passage à vide et en profonde solitude avait été si long. Si long avant qu’elle ne se laisse aller à succomber. Elle qui n’avait connu que des déceptions, des parcours chaotiques, des promesses en l’air et des chutes vertigineuses avait-elle enfin rencontré ce qu’elle pensait être; sinon la perle rare, du moins l'âme sœur ? Ou...plus  simplement:  l’Amour. L’Amour ca parait tellement simple quand on sait de quoi on parle. Tellement simple et pourtant.

 

Et ce soir, cet homme qu’elle attendait depuis toujours, allait-il lui aussi la décevoir. Était-il capable de sacrifier tous ses espoirs sur un sourire, un regard, un physique ? Bien sûr ça compte bien sûr ! Et ce soir en observant celle qu’elle considérait déjà comme une concurrente, elle était consciente qu’elle ne faisait pas le poids. Elle ne combattait même pas dans la même catégorie. Et lui, lui qu’elle aurait voulu détester, lui trouver suffisamment de défauts pour effacer tous regrets, lui qui ne savait toujours pas exactement pourquoi les femmes se retournaient sur lui ? Lui, elle venait plus encore s’il en était besoin de prendre conscience qu’elle en était follement amoureuse. Et pourtant ce soir,  elle sentait  venir la fin du voyage.

 

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Par la magie d’un sixième sens, ou d’une incroyable transmission de pensée ; Il se saisit de sa main, cette minuscule main chaude à la peau de velours si douce. La main de sa jolie brunette aux yeux clairs. Il s'en saisit fermement avec la force d'une porte qu'on referme, d'une page d'histoire qu'on tourne, d'un chapitre qui ne s'écrira  même pas à l'encre sympathique. Et avec cette main dans la sienne, il  choisit  de l’entrainer vers  une table à l’ opposé de son mannequin de rêve, où malgré la distance il sentit son regard le suivre à lui bruler la peau.  Il piqua deux coupes sur un plateau qui passait à sa hauteur qu’ils dégustèrent  en s’entremêlant les bras tout  en se dévorant des yeux avant qu’il ne lui sourit, puis éclate de rire. Et là, fasciné par l’éclat de ses yeux illuminant son visage précédemment fermé mais qui venait de s'ouvrit comme une fleur éclot sous la chaleur d'un rayon de soleil, il la trouva tellement jolie. Tellement attachante. tellement...

 

Apres avoir transpiré sur des tempos endiablés ils  se laissèrent porter par des rythmes suaves qui les lièrent dans une chaleur extrême le temps de donner à  leurs corps l’envie irrésistible d’aller plus loin, ailleurs,  seuls mais pas solitaires.

 

En Amour, même si tout commence toujours par là et si l'un n'est pas incompatible avec l'autre, l'essentiel ce n'est pas que l'apparence, L'apparence; c'est l'immédiat.  Et puis il y a; l'après... et là, l'essentiel c'est une autre beauté, la beauté et la force profonde des sentiments...

 

Ainsi va la vie….

  

 

Williams   Franceschi

 

 

 

 

 

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04/09/2021
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