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Ainsi Va la Vie… épisode n°115 « SESAME OUVRE-TOI… »

DSC03392 Ainsi va la vie 115.jpgEn traversant les espaces ajourées qui séparaient chaque planche du portail la lumière de ses phares dessina de longs rais clairs sur le court chemin caillouteux qui menait vers la maison. Par magie, les deux vantaux s’ouvrirent en émettant un léger couinement de ferraille. Par magie. La magie des doigts d’une  fée du logis, qui  actionnait en secret  une minuscule télécommande en guise de  baguette magique. Garance gara, en contournant de gros  arbres sans s’y reprendre à deux fois preuve qu’elle connaissait les lieux,  sa voiture à la suite de celles des invités où des propriétaires. Lorsque qu’elle en coupa le contact  et que ses phares s’éteignirent ; une rampe de spots, guidée par un radar  détecteur de présences, prit le relais.

 

Ce n’est pas la portière avant comme attendue qui s’ouvrit en premier mais l’arrière d’où une petite poupée blonde,  serrant contre sa poitrine une poupée de chiffon, posa son pied sur le sol.

L’image en cinémascope délimitée par le bas de la portière et le sol  où une courte jambe d’enfant terminée par une petite chaussure blanche à bout rond essayait à tâtons de toucher la terre ferme avant d’y prendre appuis  donnait encore plus de relief à la taille des objets et des situations courantes quand on est si petit. 

Claire accueillit Garance et sa fille avec des égards verbaux et tactiles qui aurait pu paraitre excessif s’ils n’avaient pas été  le reflet exact de leur profonde amitié. Un léger ronron sourd,  très significatifs de la présence d’autres convives bercé par une musique de fond tout juste perceptible, totalement  anodin quelques secondes auparavant, s’accentua comme s’il s’était  amplifié en  suivant la trace de Claire comme les effluves d’un parfum sonore.

 

Claire s’accroupit, s’asseyant presque sur ses talons pour positionner son regard  à  hauteur de celui de la petite fille puis écarta les bras en espérant que l’enfant s’y  jetterait sans retenues. Mais la petite fille garda ses jambes droites, serrées et se contenta de pencher son buste raide vers l’avant, lèvres tendues, yeux fermés. Une posture qui accentua sur le visage de l’enfant une moue faussement boudeuse.

- Je m’appelle Laure, j’ai trois ans, je joue du piano, je mesure presque un mètre ! Il manque ça... juste ça !  précisa-t-elle en positionnant sa main au-dessus de sa tête comme une toise.

 

- Mon père est parti en voyage pour le travail. J’aime pas les épinards mais maman me force pas. Elle aime pas non plus ! Y’avait personne pour me garder c’est pour ça que maman m’a emmenée avec elle, mais on rentrera pas trop tard…Voilà !

A l’écoute de Laure,  surprise par le débit et la clarté de sa présentation, Claire écarquilla les yeux et se mordit  l’intérieur la joue pour retenir l’envie de rire qui lui brulait les lèvres et lui titillait les narines tandis que Garance, sourire en coin regardait sa fille avec des yeux admiratifs et gourmands. Des yeux pétillants d’amour. Les yeux d’une maman fière de sa copie conforme à l’échelle un quart.

- Et ton portail… y s’ouvre tout seul ?

- Oui !.. C’est magique !

-C’est magique ? 

Ses grands yeux océan qui lui dévoraient le visage semblèrent  sur cette affirmation  démesurément s’élargir.

-Et c’est comment magique ?

Claire pointa le portail de l’index et rajouta :

-Tu vas voir.  Sésame ouvre-toi !

Sur son ordre, avec un léger temps de retard qui faillit faire douter la petite fille,  lentement le portail se referma en émettant, comme une plainte lascive, toujours  le même couinement métallique qui rappelait dans la nuit le chant des baleines.

Laure, les yeux toujours aussi grands ouverts, une main sur la bouche, l’autre serrant sa poupée contre sa poitrine,  exprimait presque physiquement sa stupéfaction.

- Et je peux le faire… moi ?

- Oui ! Vas-y !

Les deux femmes échangèrent un regard complice tandis que la petite fille, sourcils froncés,  pointait le portail du doigt

- Sésame…. ferme-toi !

Et par le même processus inversé, avec le même petit retard et le même couinement, le portail se referma. Laure trépigna de joie avant  de sauter tel un Zébulon sur son ressort en tendant les bras au ciel. Puis, comme si elle avait pris conscience du trop dans l’exubérance de son attitude et des réactions qu’elle aurait pu susciter ; elle stoppa net sa danse de joie et  se masqua la bouche des deux mains et d’un bout du bras de sa poupée.

 

Dans sa douceur ; tant par ses températures que ses couleurs cet automne ressemblait enfin à un automne, un vrai. Un automne  tel que nous les décrivent si bien les poètes et tel que nous avions tendances à nous plaindre de leurs absences depuis quelques décennies où les saisons,  à part l’été et l’hiver ne sont plus aussi nettement marquées. Et pas besoin de se référer à des souvenirs d’un autre siècle ou aux témoignages de grands-parents qui n’ont de cesse de  trouver qu’avant c’était mieux pour en être convaincu.

Non, les conséquences de tout ce qu’ils envoyaient dans l’espace, de la pollution, du trou d’ozone, des ondes électromagnétiques et de tous ces appareils qui émettent et captent sur des fréquences dont nous ignorons les méfaits  futurs sur nos pauvres organismes ;  un mois après la fin de l’été avait dû faire un break dans leur dérèglement massif au profit d’un automne d’antan.  Un automne apaisant et doux  aux dominantes pourpres.

 

Garance retrouva de lointaines  connaissances, échangea  quelques mots anodins et polis, avant de se laissa tenter par un verre plus pour se donner une constance que par besoin d’étancher une quelconque soif. Dans un autre groupe qu’elle frôlait ; elle répondit par un sourire et des hochements de tête à un monologue qui cherchait des appuis positifs pour continuer sur sa lancée.

Garance se sentit tout à coup très entourée mais terriblement seule. Seule noyée dans la masse. Elle faillit même se poser la question : Mais qu’est-ce que je fais là ?

 

Quel que soit le groupe ;  parents, amis, relations professionnelles ou pas… comme l’huile et l’eau même en les ayant remuées, secouées ou fouettées, les cercles  ne se mélangent pas.  Ils en donnent l’illusion et comme les deux liquides incompatibles, après un court repos, leurs atomes quittent l’inconnue pour se replier naturellement sur eux-mêmes.

   

Cette  situation climatique positive, ouvrait toutes les conversations d’approche  avant de dévier vers d’autres sujets. Mais Garance n’y adhérait pas. Elle était juste heureuse de faire plaisir par sa présence. Elle ne s’y ennuyait pas, quoi que à bien y réfléchir ; peut-être.

 

Sam, arrivé dans les premiers, après les salutations d’usage,  retourna dans sa voiture le temps de consulter en toute discrétion sur son téléphone la liste des messages dont les bips avaient pollué l’écoute d’un CD de Glen Miller tout au long de sa route ainsi que les deux appels tombés dans la messagerie. Après cette visite à ce fil à la patte dont, s’il reconnaissait l’utilité,  il détestait l’aspect espion permanant par sa traçabilité et son indiscrétion, il savait qu’après cette consultation, il rangerait son portable dans la boite à gants pour n’y retourner qu’avant de partir et encore, selon l’heure ça n’était même pas sûr.

 

- Sésame ouvre-toi !

Trois enfants avaient rejoint Laure qui leur avait murmuré à l’oreille son  magique secret.

- Sésame ouvre-toi ! répéta-t-elle en pointant le portail de son minuscule index et sans lâcher sa poupée.

- Mais je vous dis que tout à l’heure ça marchait !

- Ben maintenant, ça marche plus ! répondit un petit garçon qui aurait pu jouer Poil de carotte sans maquillage

- Il est devenu sourd ton portail. Rajouta une mini Lolita en jean Brodé qui semblait plus préoccupés par les taches vertes laissées par  l’herbe sur le bout de ses chaussures que des pouvoirs de la nouvelle Laure Potter d’un soir.

- Mais non ! Mais non ! Sourd ?...Pfffff !!!

 

Sam, qui  suivait la scène, pressentit  sans besoin d’autres explications le rôle qu’il devait tenir puisque l’acte précédents s’était joué à quelques mètres de lui.  Voyant Claire occupée avec ses invités ; Il entra dans le hall de la  maison se saisit d’un trousseau accroché au porte-clés mural au bout duquel pendait une télécommande ovale du même type que celle qu’il utilisait chez lui et retourna discrètement et à bonne distance des enfants.

Laure tentait encore d’expliquer vainement à son auditoire septique  les raisons probables de son échec et pour convaincre de sa bonne foi elle lança passablement  énervée après un gros soupir :

- Sésame ! Tu t’ouvres ? ou t’ouvres pas ?

Si la voix avait gardé cette enveloppe velouté de d’enfant aux couleurs de bébé, le ton lui était presque vindicatif !

Et sur cette injonction, le portail s’ouvrit… puis se referma avant d’atteindre sa butée puis s’ouvrit à nouveau de quelques centimètres avant de se refermer définitivement.

- Alors ?... vous voyez que ça marche ! Alors ?…

- Ça marche ! Reprit la mini Lolita

- Mais… il est pas content. Conclut Poil de carotte !

Et sur ces mots ; les enfants comme une volée de moineaux détalèrent à toutes jambes  vers la maison en émettant ce chant singulier  et libérateur ;  mélange  de cris et de mots, qui ne se laisse entendre que dans les cours d’école.

 

Sam, après quelques pas qui l’emmenèrent à l’endroit précis que les enfants venait de fuir, les jambes légèrement écartés, les mains dans les poches, humait l’air de la nuit en regardant les étoiles.

-Vous aimez les enfants ?

- Une voix venue de nulle part, mais suffisamment féminine et éloquente pour que Sam puisse en imaginer le visage, déchira le calme de la nuit. C’est peut-être ainsi que je décrirais votre arrivée dans mon dos si je devais coucher cet instant sur le papier.

Mais Sam s’abstint de lui révéler qu’elle dégageait un tel magnétisme qu’il avait pu ressentir sa présence bien avant qu’elle ne s’exprime.

- Une nuit calme ? Il y a quand même des bruits peu naturels depuis la terrasse qui nous atteignent. Et puis, vous pensez toujours comme si vous écriviez des répliques ?

- Non, pas du tout. Ou très rarement. Je voulais juste faire un effet en évitant de répondre bêtement à votre question. J’ai dit que votre voix avait déchiré le calme de la nuit… Pas le silence. Si  des bruits de fond nous atteignent, en regardant ce ciel ; je les avais provisoirement oubliés.

-Vous n’avez pas répondu à ma question.

- C’est vrai !

Sam ne bougeait pas. Il continuait à converser en restant de dos à son interlocutrice alors que la projection de lumière d’un spot qui venait de s’éclairer redessinait de son auréole blanche le contour de sa silhouette. De son côté Garance qui s’était approchée de lui, et c’est à cause de cette approche que le spot c’était éclairé,   ne chercha pas non plus à lui faire face. L’ambiance nocturne si près des éclairages  de la maison créait par ses ombres noires  une atmosphère spéciale.

- Non ! Je n’aime pas les enfants. Mais bizarrement ils m’adorent.

- Je ne vous crois pas.

- Qu’ils m’adorent ?

- Mais non ! Que vous ne les aimiez pas.

- ……….

- Vous en avez ?

- Oui !

- Ils sont grands ?

- Plus grand que moi. Mais ça, ce n’est pas un exploit.

- Je vous ennuie ?!

- Pas du tout.

 

- Claire m’a beaucoup parlé de vous. De vos combats, de vos articles, de votre vie…

- C’est gentil. Comme ça les présentations sont faites. Mais ne croyez pas tout. Les personnes qui vous aiment manquent d’objectivité et sont rarement impartiales. Elles rajoutent une dose d’admiration à l’admiration.  Une  dose bien souvent  en surdose qui occulte le côté obscur de la force comme pourrait dire....  Et c’est humain.

En même temps qu’il terminait sa phrase Sam sortie de sa poche le porte-clés  qui retenait  la télécommande du portail  et la tendit à Garance toujours sans se retourner.

-Tenez !... La baguette magique.

- C’était magique ! Rien qu’à voir leurs yeux, leurs expressions, leur peurs à la fin même si c’est un mensonge.

 

Sam se retourna enfin.

- Mais ce n’était pas un mensonge… Votre fille a bien fait ouvrir un portail en formulant un mot magique !

- Oui mais c’est vous qui avez appuyé sur la télécommande.

- Et alors ? Elle a dit un mot magique et au lieu que ce soit un géni caché dans la porte, c’est moi, en aide-magicien provisoire,  qui ait actionné la machinerie. Mais si tout a bien fonctionné  c’est bien grâce à une commande vocale. Trois petits mots. C’est ça aussi la magie.

 

Quant aux contes des mille et une nuits…Le tapis volant était peut-être supersonique constitué de fibres autonomes  tissées en nanoparticules dont nous ignorons encore aujourd’hui le secret. Et le cheval enchanté, dit cheval d’ébène,  qui n’a rien à voir avec Pégase qui volait lui de ses propres ailes,   un drone géant ou l’ancêtre de l’hélicoptère. Allez savoir ?… l’important ; c’est de ne rien dévoiler, de garder le mystère. L’important, comme dans la vie ; c’est que les choses se réalisent même avec l’aide d’un ange gardien ou d’un Merlin l’enchanteur de fête foraine.

- C’est votre philosophie ?

- Un peu

- Et  Schéhérazade? Vous en pensez quoi de Schéhérazade

- Une extraordinaire conteuse… qui avait une cause à défendre au péril de sa vie…Nous avons aussi de très beaux contes chez nous… mais l’Orient a  toujours fait rêver

- C’est marrant qu’on parle de ça, enfant je rêvais que j’étais Jasmine…

- Mais dans la réalité avec vos cheveux blonds et vos yeux bleus je pense que vous n’auriez eu aucune chance au casting.

- Et vous, vous rêviez d’être qui ?

- En tout cas pas Aladin. Nous n’aurions jamais pu nous rencontrer dans nos rêves

- Vous croyez ?

Vous savez, l’histoire du roi de Perse Shahryar et les contes des mille et une nuits ne sont pas des récits pour enfants. La véritable histoire dont on a simplement romancé des extraits est bien plus barbare et cruelle qu’il n’y parait.

-Racontez-moi.

- Vraiment ?

Sam avait enfin retrouvé son sourire. Il prit le bras de Garance pour la guider vers la lumière de la terrasse et des autres invités avant de rajouter :

- Alors, allons boire un verre … je vais essayer. Mais je crains qu’il me faille bien plus qu’une soirée déjà légèrement entamée… On n’est pas au bout de nos peines et votre fille a dit : « On ne rentrera pas tard ». Il faut toujours écouter les enfants. Ils ont la sagesse de leur pureté.

Sur ces mots ; les sourires devinrent communicatifs et celui de Garance illumina le bleu océan de ses  yeux.

  

 big_artfichier_774087_7696890_201805044417859.jpgSam résuma plus qu’il ne raconta l’origine et les grandes lignes des contes des mille et une nuits avant que tard, très tard dans la nuit qui marquait déjà le petit matin, alors que Laure dormait profondément depuis longtemps sur le siège arrière de la voiture de sa maman,  Garance et Sam ne se séparent en se promettant dans un échange de regards malicieux de ne pas, surtout de ne pas se revoir.

Garance avoua à Sam qu’elle avait craint, bien avant d’y arriver, de participer à  cette soirée où même en se noyant  dans le nombre, même en y retrouvant  quelques amis elle y serait mal à l’aise… Peut-être à cause de sa situation de célibataire forcée et loin d’être provisoire dont elle n’avait pas envie de parler et encore moins  de se justifier ; et pourtant conclut-elle :

 - Merci ! Quelle belle soirée.

- Je n’y suis pas pour grand-chose.

- Vous le faites exprès…

- Il a suffi qu’une petite voix, pour des raisons qui tiennent de la magie, vous dise : « Garance, ouvre-toi ! ».

Ainsi Va la vie…

 

(A suivre…)

 

Williams Franceschi

 

 

 

CONSEILS  de la SEMAINE

 

34369097_1717094388360143_5814558147305537536_n.jpg1) Concert: Stéphane DANIEL toutes les dates du 8 au 24 juin 

 

2) Concert: Augustine Hoffmann  le 9 Juin  Forum Léo Ferré (94)Ivry-sur-Seine

 

3) Comédie: L'ETE S'RA CHAUD avec du Sébastien THEBAUD et Isabelle VIRANTIN  à partir du 10 juin jusqu'au 31 juillet Le dimanche à 20h45 et le mardi à 19h L' ATN Bègles (33)   

 

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4) Concert: LOUANE le 15 juin à 19h45 Le Dôme à Marseille (13)

 

 

5) Concert: Joan Baez à l'Olympia du 4 au 17 juin

     

6) Salon du livre et de l’imaginaire : Expositions, animations    Spectacles et ateliers

Dont deux ateliers d’écriture jeunesse dirigés par Régine Franceschi...Le  Samedi 9 juin à Marignane (13)

 

7) Exposition et baptême de l'air: Aéro-club Luçon-Chasnais du 30 juin au premier Juillet  (85) Chasnais en Vendée 

 

8) One woman show: Laura LAUNE Le diable est une gentille petite fille  à partir du 1er Juin à la Comédie de Paris 

 

9) Roman : La peau d'Anna de Nathalie Gendreau Ed Dacres...

Dans mes conseils je souligne  le superbe livre de Nathalie Gendreau ;La Peau d’Anna. Je l’ai dévoré !  Le rapport entre ce père atteint de la maladie d’Alzheimer et sa fille qu’il retrouve après 35 ans d’absence… L’écriture de Nathalie Gendreau sur un sujet aussi délicat dans sa fluidité et sa limpidité vous entraine, vous tient, vous retient…. J’insiste ! Je vous le conseille vivement !

 

 10) Festival: du 25 au 30 juin 18ieme FESTIVAL INTERNATIONAL de GUITARE Lambesc (13)

 

 

 

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09/06/2018
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